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Le gouvernement Trudeau est-il préoccupé par l’endettement des ménages canadiens ?

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Éclipsé par les attentats de Bruxelles et le décès de l’ex-maire de Toronto Rob Ford survenus le même jour, le premier budget Morneau, dévoilé le 22 mars dernier, ne mérite pas moins qu’on s’y attarde. Voilà un document qui nous permet d’avoir une meilleure idée de ce qui attend le pays sous la gouverne des Libéraux. Mon attention s’est portée sur le chapitre 8, intitulé « Un régime fiscal équitable et un secteur financier vigoureux », où il est question de « renforcer le secteur financier pour soutenir la croissance économique ». Le gouvernement souhaite entre autres renforcer la résilience du secteur financier, mieux protéger les consommateurs et les consommatrices et contenir les risques qui pèsent sur le système financier. Pour ce faire, il entend notamment « Analyser le secteur du logement et l’endettement des ménages ».

Comment le Canada a sauvé ses banques... et à quel prix

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Depuis le déclenchement de la crise mondiale de la fin des années 2000, le gouvernement fédéral ne tarit pas d’éloges à l’endroit du système financier canadien dont la solidité aurait permis aux banques de traverser cette période difficile sans le support de l’État. Cette affirmation ne pourrait être plus fausse. Comme on peut le lire dans une étude récemment publiée par le Centre canadien de politiques alternatives, les grandes banques canadiennes ont, entre 2008 et 2010, puisé des dizaines de milliards de dollars (114 pour être plus précis) dans différents programmes publics destinés à leur venir en aide. Parmi ceux-ci, le Programme d’achat de prêts hypothécaires assurés (PAPHA) a joui d’une popularité toute particulière. Contrairement aux autres qui permettaient aux institutions financières d’avoir accès à du crédit des banques centrales américaine et canadienne, celui-ci leur offrait des injections directes de liquidités. En plus d’aider le secteur bancaire à maintenir ses larges marges de profit, le PAPHA a également entretenu une forte croissance immobilière qui, comme nous le soulignions dans notre récente mise à jour sur la question du logement, comporte d’importants risques autant pour l’économie que les ménages canadiens.

Privatiser la SCHL ?

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Dans une récente entrevue accordée au Globe and Mail, le ministre des Finances du Canada Jim Flaherty s’inquiétait du poids financier que les opérations hypothécaires de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) faisaient porter aux contribuables canadiens. Pour remédier à ce problème, il envisage de privatiser cette société de la Couronne d’ici les cinq à dix prochaines années (une idée que critique ce matin Gérard Bérubé dans Le Devoir).

Atterrissage en douceur ou crash immobilier? Le suspense tire à sa fin

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Le discours a changé chez les analystes du marché financier. Il n’y plus lieu de se demander si le marché connaît un ralentissement, on se questionne désormais à savoir ce à quoi ressemblera la « correction ». Les indicateurs tels que les permis de construction et le prix des propriétés ont suffisamment diminué au cours des derniers mois pour convaincre les autorités canadiennes de poser certains gestes visant à « refroidir » le marché. Le dernier en date s’est produit la semaine dernière alors que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) annonçait qu’elle limitait la garantie octroyée sur la conversion d'hypothèques en titres de créance.

On pourrait donc séparer les observatrices et observateurs de la bulle immobilière en deux camps : ceux qui tablent sur un « atterrissage en douceur », donc un rééquilibrage des prix vers un niveau plus sensé et ce, sans grande perturbation dans l’économie. Dans l’autre camp, il y a ceux qui appréhendent un crash et que le marché pique soudainement du nez entraînant avec lui l’économie canadienne. Comme l’explique cet article de la Presse canadienne, cette version pessimiste à propos de la « correction » qui attend le marché n’affecterait pas seulement l’avoir des ménages frappés sur leur actif de plus grande valeur, leur propriété. En effet, le secteur de la construction serait également touché, mais surtout la confiance ébranlée des ménages ferait chuter leurs dépenses et le dernier moteur vigoureux de l’économie canadienne serait ainsi enrayé. Ce ralentissement provoquerait des faillites qui elles-mêmes, si elles se produisent en trop grand nombre, causeraient des pertes importantes au secteur bancaire qui réagirait en réduisant l’accès au crédit. Et un cercle vicieux vers le bas serait ainsi enclenché.

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