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L’internationalisation de l’éducation, ou l’envers d’un buzzword à la mode

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Il se tient cette semaine un colloque autour de « l’internationalisation » de l’enseignement, un « buzzword » à la mode et a priori sympathique. On présente toujours ce phénomène comme relevant d’une dynamique d’ouverture à l’international dont on constaterait l’apparition spontanée, sans qu’on ne sache trop pourquoi, dans d’autres pays, et à laquelle il conviendrait de s’adapter pour ne pas être en retard sur les autres. L’internationalisation permettrait aux systèmes d’enseignement de se libérer de leur ancrage national pour s’ouvrir à « L’Autre », bref, aux autres cultures. Sympathique!

Or, dans les faits l’internationalisation participe plutôt d’un projet politique, poussé notamment par les grandes institutions économiques internationales, et visant à transformer les pratiques d’enseignement pour créer un « nouvel espace mondial de l’enseignement supérieur » [1], le tout pour des motivations économiques. Les entreprises sont déjà devenues transnationales ou multinationales, le capitalisme est de plus en plus globalisé. C’est maintenant au tour des individus de devenir mobiles et aux institutions d’enseignement d’internationaliser leurs pratiques, c’est-à-dire de participer à l’enseignement transfrontalier à visée commerciale.

Le Saint Graal

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Il ne passe presque plus une journée sans que l’on nous rappelle combien l’économie est dans un piètre état. La semaine dernière c’était au tour de l’ONU de s’inquiéter de la lenteur avec laquelle l’économie mondiale et surtout les pays occidentaux retrouve le chemin de la croissance. Dans un rapport de la Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement, l’organisation internationale enjoint les gouvernements d’adopter des mesures pour favoriser la demande (la consommation) et l’activité productive (les investissements des entreprises) et non d’alimenter des bulles spéculatives en favorisant la liquidité sur les marchés financiers. Les conséquences sociales de la morosité actuelle, tel que la hausse inquiétante du chômage de longue durée en Europe, expliquent cette « nostalgie de la croissance ». Les signes d’une reprise économique se font aussi rares au Québec. Tout indique en fait que nous traversons une période de stagnation économique, que viennent renforcer les politiques d’austérité du gouvernement provincial. Ceci se reflète par exemple dans la situation de l’emploi, qui est au beau fixe depuis 2012.

La CREPUQ est morte : vive la concurrence

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Depuis plusieurs années, et durant le conflit étudiant, la Conférence des recteurs et principaux du Québec (CREPUQ), instance de représentation des recteurs.trices d’université, exerçait des pressions fortes en faveur de la hausse des frais de scolarité et de « l’internationalisation » universitaire, c’est-à-dire de l’adaptation de nos universités à l’économie globalisée. Avril 2013, coup de théâtre : les recteurs Denis Brière (ULaval) et Guy Breton (UdM) parlent de quitter le navire, rapidement suivis par 12 de leurs 18 collègues recteurs. Rien ne va plus au royaume des recteurs...pourquoi?

Sous-financement : à quand un débat sur les fins?

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La semaine dernière, un débat a opposé dans Le Devoir l’ancien recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix, dans le camp des défenseurs de la thèse du prétendu « sous-financement universitaire », à Martine Desjardins (FEUQ) et Yves Gingras, professeur à l'UQAM. À Lacroix qui réclame toujours les 620 millions dont manquerait l’université québécoise, Martine Desjardins a répliqué que les chiffres de la CREPUQ ne « val[ai]ent rien » et que la FEUQ avait eu tort d’y faire confiance dans le passé; mieux vaudrait, disait-elle couper « dans le gras », notamment celui des dépenses administratives, que d’endetter les étudiant-e-s. Yves Gingras a lui aussi mis en doute la thèse du sous-financement, soulignant que « contrairement à ce qu’annonce la publicité récente des comptables, le dernier mot n’est jamais un chiffre, car un chiffre doit toujours être interprété ; or certaines hypothèses de calcul sont parfois lourdes de préjugés ou d’idéologie…».

Ces interventions, appuyées par la divulgation d’une étude gouvernementale  viennent soutenir ce que l’IRIS annonçait déjà depuis 2010: le sous-financement universitaire est une construction trompeuse qui recouvre, au moyen d’un débat sur les ressources, la question « lourde d’idéologie » dont parle le Pr. Gingras : à quoi serviront toutes ces ressources nouvelles que cherche à engloutir l’université? Remettre en doute le sous-financement ne signifie pas seulement faire un débat de chiffres ou un combat d’études : il faut se demander quelles sont les pressions, notamment internationales, qui poussent les universités à entrer dans une guerre concurrentielle qui leur demande sans cesse davantage de munitions. C’est cette question essentielle, recouverte par le spectacle de la guerre des chiffres, qu’il faut aborder ouvertement afin que le débat sur le rôle de l’université québécoise ne soit pas uniquement un débat de moyens, mais un débat de fins. C’est ce questionnement que cherche à faire avancer le texte suivant.

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