Oikía. Regards croisés sur l’écologie et l’économie (1)

Photo: Geran de Klerk (Unsplash)

Oikía signifie « demeure » en grec. Ce mot est à l’origine du préfixe « éco » que l’on retrouve dans écologie et économie. Depuis l’apparition de ces termes, de nombreux intellectuel·le·s ont développé des idées permettant des échanges fructueux entre les deux domaines. Cette série de chroniques en exposera un certain nombre. Aujourd’hui, nous nous intéressons à Otto Neurath (1882-1945).

L’économie : le malade imaginé

Deux articles partagés sur les réseaux sociaux ont retenu mon attention dans les derniers jours. Le premier porte sur « l’épidémie silencieuse qui tue les Américaines ». Le journaliste de Radio-Canada Yanik Dumont Baron s’est rendu en Oklahoma pour enquêter sur les raisons derrière la baisse récente de l’espérance de vie des Américaines blanches. « Officiellement, » relate le journaliste, « les experts ne savent pas trop comment expliquer ce recul. Les théories tournent autour de la pauvreté, du manque d'éducation et d'occasions, de l'isolement. Les proches endeuillés parlent de surdose, de suicide, d'alcool; les signes d'un malaise plus profond qui afflige une partie des États-Unis. ». 

Donner une valeur au monde

Si partout on nous propose des « débats », les vrais débats sont rares. Plus encore sur les questions économiques. Je participe très souvent à des échanges dans les médias avec nos collègues de l’Institut économique de Montréal (ou du Conseil du patronat, ou de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, ou de l’Institut Fraser…) qui sont présentés comme des débats, pourtant il ne s’agit à peu près jamais de débats. Il s’agit plutôt, au mieux, de présenter quelques arguments soutenant deux thèses opposées; au pire, de combats de coqs puérils où l’essentiel est de bien paraître.