Gratuité scolaire: Trois scénarios d'application

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Dans cette recherche, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) explore l’éventualité d’une abolition des frais de scolarité comme moyen d’éliminer les obstacles financiers à la poursuite d’études supérieures et d’un réinvestissement majeur menant au règlement du sous-financement structurel des institutions d’enseignement postsecondaire. De plus, nous proposons trois scénarios de mise en application de cette politique en vue de démontrer sa viabilité pour les finances publiques du Québec. Principales conclusions

  • Le coût cumulé de l’abolition de la tarification de l’éducation postsecondaire et du règlement du sous-financement de ce réseau d’enseignement s’élève à 1,22 MM $ ;
  • Un scénario d’application d’une telle mesure sur 10 ans n’entraînerait qu’une augmentation de 0,2 % par année du budget du Québec ;
  • La tarification des études postsecondaires cause plusieurs problèmes économiques et sociaux liés à l’endettement étudiant et à l’accessibilité pour les moins nantis1 dont la fréquentation des universités canadiennes est deux fois moindre que celle des familles ayant un revenu annuel supérieur à 100 000 $ ;
  • L’augmentation des frais assumés par les étudiants n’est pas un réinvestissement en éducation, mais il est généralement utilisé par les gouvernements comme un substitut au financement public. Au Québec, le financement étatique des universités est passé de 87 % en 1988 à 71 % en 2002 ;
  • Comme le démontre l’expérience britannique, l’augmentation des frais de scolarité entraîne une chute des inscriptions et une réorientation des étudiants vers des domaines plus techniques ;
Bref, un réinvestissement important orienté vers l’abolition des frais de scolarité et le refinancement des cégeps et des universités apparaît comme étant économiquement viable et socialement plus équitable que la hausse de la tarification.

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