La SAQ doit miser sur la qualité de l’offre et la santé plutôt que sur la croissance de ses ventes
28 janvier 2026
Montréal, le 28 janvier 2026 – Alors qu’on observe depuis plusieurs années une diminution de la consommation d’alcool, une nouvelle étude de l’IRIS encourage la SAQ à revoir son modèle, qui doit prioriser la qualité des produits et du service sur l’augmentation de son bénéfice à tout prix.
Rappelons que dans son budget 2025-2026, le gouvernement du Québec a demandé aux sociétés d’État dont la SAQ d’« effectuer des efforts » pour réduire leurs dépenses. L’étude dresse un bilan critique des stratégies adoptées par la SAQ pour faire croître ses revenus tout en limitant les coûts.
Des stratégies risquées
Au cours de la dernière année, la SAQ a lancé plusieurs projets pilotes: livraison d’alcool à domicile par l’intermédiaire de la plateforme UberEats, ouverture de mini-agences au sein de détaillants privés et création d’espaces temporairement dédiés à des marques au sein de ses succursales.
L’étude révèle que la mise en œuvre de ces projets pilotes repose sur des entreprises privées, ce qui suscite des inquiétudes quant aux conséquences que cette sous-traitance pourrait avoir sur la santé populationnelle et les conditions d’emploi dans le secteur du commerce de détail.
« Les entreprises publiques sont réputées offrir de meilleures conditions salariales, mais elles assurent aussi un meilleur contrôle de la vente de l’alcool », explique Julia Posca, autrice de l’étude.
La chercheuse critique plusieurs pratiques de la SAQ, comme le ciblage dans ses publicités d’une jeune clientèle et l’espace prépondérant accordé aux grands producteurs de boissons alcooliques dans ses succursales. « Paradoxalement, la société d’État se comporte comme une entreprise privée en banalisant la consommation d’alcool tout en favorisant les gros joueurs de l’industrie, au détriment des petits producteurs locaux », analyse Julia Posca.
Pour un virage vers la qualité
« Plutôt que de multiplier les projets pilotes pour accroître ses ventes, la SAQ pourrait tirer parti des changements dans les habitudes de consommation pour redéfinir sa stratégie. Après tout, la diminution de la consommation d’alcool est une bonne nouvelle d’un point de vue de santé publique », note la chercheuse.
L’étude rappelle que la vocation première de la société d’État est d’offrir dans toutes les régions du Québec des produits de la meilleure qualité possible, au meilleur prix possible. Une telle approche, à l’opposé de ce que poursuivent les entreprises privées, permettrait à la SAQ de rappeler la pertinence de son caractère public.
La chercheuse recommande également à la SAQ de donner plus de pouvoir aux conseillers et conseillères dans l’offre qui se trouve en magasin, ce qui permettrait de fidéliser une clientèle intéressée par la qualité et la diversité des produits.
Photo: Simon Villeneuve, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)