Les inégalités de revenu, un problème aussi québécois

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Montréal, le 22 janvier 2020 – Comme chaque année, le Forum économique de Davos réunit les personnes les plus riches et puissantes de la planète. Le Québec a évidemment lui aussi son «1 %», dont le revenu moyen était déjà 11 fois plus élevé que celui du reste de la population en 2017. Dans une note publiée aujourd’hui, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) fait le portrait des plus riches du Québec et examine les causes derrière l’écart entre leurs revenus et ceux du reste de la population.

Au Québec, les 44000 personnes qui font partie du 1 % gagnent en moyenne 415000 $ par an (après impôt et incluant les gains en capital). «Les inégalités de revenu se maintiennent malgré une période de croissance économique soutenue depuis la crise de 2008. Parmi le 1 %, plusieurs peuvent compter sur des sources de rémunération inaccessibles au reste de la population. Un patron mérite-t-il vraiment de gagner plusieurs centaines de fois le salaire de ses employés, s’interroge Julia Posca, chercheuse spécialisée sur les inégalités économiques. En plus d’être démesuré, c’est complètement insoutenable». 
 

Ratio dirigeants-employés

Afin de réduire les inégalités de revenus, l’IRIS recommande d’instaurer un ratio entre d’une part le revenu des dirigeants d’entreprise, des médecins et des hauts fonctionnaires, et de l’autre celui des salariés. «Si un chef d’entreprise doit limiter sa rémunération à quinze, vingt ou encore trente fois celui de son ou sa plus basse salariée, deux scénarios sont possibles : ou bien il augmentera le salaire de ses salariés pour maintenir son train de vie, ou bien il devra revoir sa propre rémunération. Dans les deux cas, nous assisterons à une réduction des inégalités de revenus», assure Julia Posca.
 

Impôts

Si les revenus augmentent dans le haut de la pyramide, c’est aussi parce que la fonction redistributive de la fiscalité s’affaiblit. La part d’impôt sur le revenu payée par le 1 % le plus riche a diminué de 20 % en 20 ans. «En proportion, on impose moins les personnes qui ont un revenu élevé qu’on le faisait dans les années 1980, par exemple. Alors si les riches paient plus d’impôts, c’est seulement parce qu’ils sont plus riches, relève la chercheuse. Tel qu’on le connaît, l’impôt est un outil de redistribution moins efficace qu’il ne l’a déjà été.» L’IRIS recommande de hausser le nombre de paliers d’imposition et de relever les taux des tranches supérieures.
 

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