Les étudiant-es paient déjà leur juste part

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Lors de la sortie du budget du Québec 2011-2012 qui annonçait la hausse des frais de scolarité le ministre Raymond Bachand affirmait que grâce à cette hausse les étudiant-es débourseraient enfin leur "juste part" du financement de leur éducation. Pourtant, non seulement les étudiant-es d'aujourd'hui travailleront bien plus pour payer leurs études que les étudiant-es des années précédentes, mais en plus, un système de financement juste et équitable de l'éducation existe déjà.

Si on prend le temps de travail au salaire minimum nécessaire pour payer les frais de scolarité, on se rend compte qu'en 1978, à moins de 4$ de l'heure il fallait à peine un mois de travail à temps complet pour payer ses frais de scolarité. En 2015, après la hausse et en postulant un salaire minimum à 12$ de l'heure (ce qui serait en soi une bonne nouvelle) on passe à près de neuf semaines de travail à temps complet pour les payer. Bref, c'est presque toutes leurs vacances d'été que les étudiant-es devront consacrer à travailler pour payer leurs frais de scolarité. En quoi est-il juste de demander à des étudiant-es de travailler deux fois plus longtemps que leurs parents pour avoir le droit d'étudier?

Notre État dispose pourtant d'un système qui permet à chacun de participer au financement de l'éducation de la façon la plus juste qui soit, c'est-à-dire en fonction de ses moyens. Contrairement au frais de scolarité, ce système, l'impôt sur le revenu, permet de percevoir les montants nécessaire lorsque que les contribuables ont de l'argent et non lorsqu'ils font leurs études. On évite ainsi l'endettement inutile des étudiant-es et les baisses de fréquentation des gens provenant de ménages moins bien nantis.

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