Fraser/IEDM: Célébrons l'austérité!

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Ce matin, une bonne nouvelle attendait les Québécoises et les Québécois : une étude de l’Institut Fraser classait le Québec positivement par rapport aux autres provinces canadiennes. Vous avez bien lu, notre belle province trop syndiquée, dépensière et dépendante de la péréquation ferait enfin belle figure. De quoi rêver.

 

Malheureusement, le bon score du Québec est en réalité le fait des politiques de bête austérité du gouvernement. Selon la logique du Fraser, que nos amis de l’IEDM se sont empressés de reprendre, nous avons de bons résultats précisément parce que « le poids relatif de l'État dans l'économie a diminué au Québec en 2014-2015. » En clair, nous obtenons une mention de félicitation pour avoir fait ce que le Fraser et l’IEDM souhaitent depuis toujours. Merci pour le renforcement positif, ça fait du bien.

Mais de quoi est-il question au fait dans ce classement? En gros, le Fraser a calculé les choses suivantes : est-ce que les dépenses de programmes augmentent plus vite par rapport soit à l’économie ou à l’inflation jumelée à la croissance démographique. Dans les deux cas, la réponse est la même : non. C’est donc dire que, contrairement aux prétentions de Philippe Couillard, l’austérité budgétaire existe réellement. Le budget de l’État recule, certes pas en valeur absolue, mais par rapport à la capacité de payer de la société québécoise.

En 2014-2015, les dépenses de programmes ont accusé un retard de 1,2 point de pourcentage par rapport à la croissance économique et de 0,9 point par rapport à l’inflation et à la hausse démographique. L’État québécois est donc plus pauvre aujourd’hui qu’il ne l’était il y a un an. Là-dessus, le débat semble clos.

Au final, les « bons résultats » du Québec s’obtiennent au prix de la vague de coupes que nous connaissons depuis la dernière élection. Atteindre les objectif du Fraser et de l’IEDM veut dire fermer les Centres locaux de développement, freiner sec le développement des CPE, sous-financer les écoles et les hôpitaux...

Bravo tout le monde. 

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