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Ces PPP qui s’ignorent – Réponse à la DG du Collège Marie-Victorin

13 janvier 2012


La directrice-générale du Collège Marie-Victorin a réagi à notre blogue en réponse à un billet de Philippe Hurteau sur l’entente que le Cégep s’apprêterait à conclure avec Saputo.

Nous répliquons à sa réponse était donné que la directrice-générale escamote à la fois quelques détails et le fond de toute cette affaire.

D’abord, en ce qui a trait au support reçu par le projet, Mme Rouiller évoque le support de certains groupes sans jamais nous expliquer comment le CA du Cégep peut aller de l’avant malgré l’opposition des professeurs et des étudiants. Elle n’explique pas non plus pourquoi, si les terrains sont en nombre suffisants et qu’ils sont accessibles, le club de soccer de Montréal-Nord se voit-il contraint de louer des terrains hors de l’île de Montréal pour répondre à ses besoin.

Quant au nombre de terrains, le propos de Mme Rouiller zigzague en affirmant à la fois que les terrains actuels ne sont pas vraiment utilisés et que la plage horaire sera plus vaste grâce à l’éclairage d’un nouveau terrain. Ce qu’elle passe sous silence (mais pourquoi ?), c’est que les deux terrains naturels seront à l’usage exclusif de l’Académie de l’Impact et que le troisième sera parfois rendu disponible en soirée. Peu importe si on fait le calcul à partir de 5 ou de 3 terrains à l’origine, on se retrouve avec moins que 1 au bout de l’équation. Il est difficile de comprendre pourquoi la directrice-générale d’un établissement public fait autant d’effort pour détourner l’attention des véritables chiffres.

Mais sur l’essentiel, Mme Rouiller veut nous dire qu’en fait, il ne s’agit pas vraiment d’un partenariat public-privé (PPP) car le gouvernement participerait au projet par l’entremise d’une subvention. À cet égard, elle reprend le discours maintes fois répété par le gouvernement et les diverses administrations d’établissements qui se lancent dans l’aventure PPP. Quand l’UQAM a eu des problèmes avec l’Ilot Voyageur, la ministre des finances d’alors, Monique Jérôme-Forget, avait tout de suite démenti qu’il s’agissait d’un PPP puisqu’il n’y avait pas d’appel d’offre ni de partage de risque. Quand nous avons publié sur la construction du campus de Lévis de l’UQAR on nous a répondu qu’il ne s’agissait pas d’un PPP cette fois-ci parce que le promoteur prenait justement les risques.

Il semblerait que pour certaines administrations d’établissement, les PPP n’existent jamais réellement, comme s’il s’agissait d’un partenariat idéal et céleste dont nous n’aurions ici-bas que des versions édulcorées et imparfaites. Mais au final, ce que nous observons, tant à Marie-Victorin, qu’à l’UQAR ou à l’UQAM, ce sont des administrations qui, une fois aux prises avec des budgets de fonctionnement et d’immobilisation serrés, doivent imaginer des ententes avec le privé pour réaliser des développements à leur parc immobilier. Pour que ce soit profitable, ces administrations doivent soit donner un pouvoir sans précédent au secteur privé, soit développer à leur frais des infrastructures qui n’avantageront que l’entrepreneur et qui éloignent les universités et le cégeps de leur mission de base.

Nous comprenons bien que les gestionnaires d’établissement comme Mme Rouiller souhaitent défendre les choix qu’ils doivent faire alors qu’ils y sont poussés par les coupures imposées par le ministère. Cependant, le minimum serait d’admettre que de fournir des terrains de soccer en exclusivité au club-école d’une équipe professionnelle est loin de la mission de base d’un cégep et donne un pouvoir imposant à une entreprise sur l’avenir de cette institution.

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