11 novembre : jour du souvenir de l’inégalité salariale

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En 1996, le gouvernement du Québec votait à l’unanimité une loi visant l’équité salariale qui souhaitait corriger le fossé de revenu entre les femmes et les hommes. Où en sommes-nous en ce qui concerne l’égalité des salaires au Québec après 17 ans du vote de cette loi et trois ans après les délais légaux fixés pour y arriver?

En reprenant les données sur le taux horaire de Statistique Canada, on remarque que l’égalité de revenu est loin d’être atteinte. En 2010, la différence était de 11,9%, tandis qu’aujourd’hui elle se chiffre à 12,1% : cela fait donc trois ans que ça stagne. Ceci veut aussi dire qu’un homme gagne en moyenne 3$ de l’heure de plus qu’une femme. Donc, un homme qui travaille à temps plein gagnerait environ 5000$ de plus par année qu’une femme qui travaillerait le même nombre d’heures. Il pourrait arrêter de travailler aujourd’hui et il aurait atteint le même revenu, au total, qu’une femme à la fin l’année.

 

 

Il est vrai que les femmes retrouvent un avantage sur les hommes en ce qui concerne le travail à temps partiel. On parle d’un avantage de 50 cents de l’heure… Ceci est un avantage bien pernicieux : les femmes sont majoritaires dans le marché de l’emploi à temps partiel (65,4% en 2012) et ce type de travail est souvent synonyme de précarité accrue (par exemple en termes de sécurité d’emploi et d’avantages sociaux). Il y a aussi une importante différence des taux horaires moyen entre le temps plein (24,11$) et le temps partiel (16,84$).

Ces faits renforcent la thèse des inégalités systémiques de rémunération sur le marché du travail. Pourquoi les femmes gagnent-elles moins? Doivent-elles s’occuper de tâches non-rémunérées à la maison, ce qui leur donne moins de temps pour le travail? Se sentent-elles moins à l’aise d’exiger des augmentations de salaire? Sont-elles moins incitées à investir autant d’effort dans leur carrière? Certains emplois traditionnellement féminins sont-ils toujours moins bien payés? Est-ce qu’il y a une tendance à favoriser des hommes lorsqu’il y a une promotion à octroyer? La réponse se trouve probablement dans une conjonction de ces hypothèses.

En ce 11 novembre 2013, je me souviens. Oui de la conscription de la Première Guerre mondiale, mais, surtout, je me souviens de toutes celles qui se battent encore aujourd’hui pour l’égalité salariale.

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