La réforme sournoise du RRQ

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Le sujet des retraites est rarement perçu comme étant palpitant. On en parle quand arrive la saison des REER, quand on veut montrer que les jeunes sont des irresponsables qui ne pensent pas à l’avenir, quand vient le temps de dire que les régimes de retraite sont un poids trop lourd pour les futures générations ou quand on pointe du doigt les personnes syndiquées privilégiées qu’on aimerait mieux voir pauvres et précaires. Mais la plupart du temps, c’est le silence.

Présentement, par exemple, combien d’articles dans les grands médias écrits, à la télé ou à la radio? On en trouve, mais très peu. Pourtant, cette semaine aurait été toute désignée pour faire un battage médiatique sur le sujet. Presqu’en secret, le gouvernement tient en effet quatre jours de consultations sur l’avenir du Régime de rentes du Québec (RRQ), annoncées à peine deux semaines avant Noël.

Des consultations, pourquoi? Et pour quoi? Répondons d’abord à la première question.

En juin 2016, les provinces canadiennes se sont entendues à Vancouver avec le gouvernement fédéral pour modifier légèrement le Régime de pensions du Canada (RPC), le régime équivalent au RRQ à l’extérieur du Québec. Les changements adoptés sont modestes. En somme, les prestations maximales couvriront 33 % des revenus avant la retraite plutôt que 25 %, et le maximum des gains admissibles, donc le revenu maximum utilisé pour calculer les prestations, augmentera légèrement. Pour compenser (en partie) les cotisations supplémentaires qu’auront à payer les travailleuses et travailleurs au bas de l’échelle, le gouvernement augmentera la prestation fiscale pour le revenu de travail (PFRT). Toutes les provinces ont accepté ces modifications, sauf le Québec qui a dit préférer une réforme plus ciblée qu’il mettrait en place à la suite d’une consultation auprès des groupes concernés. Nous voici donc à cette consultation.

Est-ce que cette façon de faire débouchera sur une réforme plus centrée sur les réalités et les besoins des Québécois·e·s? Pour une fois, le gouvernement veut-il être à l’écoute des gens? Que nenni! La consultation a tous les airs d’un exercice de relations publiques pour légitimer la proposition retenue par le gouvernement. Sans tambour ni trompette, les groupes sont appelés à se prononcer sur trois scénarios possibles : ne rien faire (quel projet enthousiasmant!), suivre le Canada ou adopter les réformes proposées par le gouvernement. Le rapport D’Amours et ses recommandations pour assurer la pérennité des retraite semble avoir disparu à peine quatre ans après avoir été déposé…

Nous sommes ainsi rendus à la deuxième question. De quoi parle-t-on à la commission parlementaire durant ces trois courtes journées? Quelle est cette fameuse réforme que le Québec croit meilleure que celle adoptée à Vancouver? Elle part du principe que l’augmentation des prestations de RRQ des personnes les plus pauvres ne se traduira pas réellement en une augmentation de revenus pour celles-ci puisqu’elles perdront une part correspondante du Supplément de revenu garanti (SRG).

Comme le gouvernement du Québec voit la réduction de la contribution du fédéral d’un mauvais œil, il préfère se concentrer sur la « classe moyenne ». Ainsi, sa proposition est de conserver les cotisations et les prestations à l’identique pour tout revenu sous 27 450 $ alors que les dollars excédentaires seront soumis à des cotisations supplémentaires, donnant droit à des prestations supplémentaires pour atteindre 33 %.

Si on lit rapidement, on se dit que tout va bien. D’un côté, les plus pauvres ne dépenseront pas plus d’argent pour cotiser à leur retraite, mais recevront sensiblement les mêmes prestations et, bonus, pourront conserver le PFRT pour d’autres usages. De l’autre côté, les personnes recevant des salaires plus généreux pourront bénéficier de meilleures retraites publiques. Ce serait malheureusement mal comprendre la proposition de Québec.

D’une part, les personnes les plus précaires demeureront dépendantes du SRG plus longtemps au Québec qu’ailleurs au Canada, ce qui veut dire que tout revenu supplémentaire sera taxé à un plus haut taux pour eux : on coupe d’abord dans le SRG (réduction de 1$ pour chaque 2$ d’un autre revenu), puis on soumet ce qui reste à l’impôt. Se libérer du SRG veut donc dire pouvoir garder plus d’argent dans ses poches plus rapidement, que ce soit parce qu’on travaille à la retraite, qu’on retire ses REER ou qu’on reçoit des prestations d’un régime d’employeur.

D’autre part, plusieurs personnes ont des emplois peu payés seulement sur une base temporaire, le temps de gagner de l’expérience ou de trouver un emploi mieux rémunéré. Les faibles cotisations les suivront malheureusement toute leur vie puisque les futures prestations seront basées non seulement sur le salaire de fin de carrière, mais sur l’ensemble des cotisations payées dans sa vie.

Et ceci affectera également pour une personne qui reçoit un salaire moyen. Elle ne recevra pas des prestations équivalentes à 33 % de son salaire à la retraite, mais plutôt à 25 % de son salaire jusqu’à 27 450 $, puis 33 % pour la part restante. Ainsi, pour un salaire équivalent de 50 000 $ alors qu’elles travaillaient, une Québécoise à la retraite recevra chaque mois 1192 $ alors que sa cousine vivant en Ontario retirera 1375 $. Sur une année complète, elle sera plus pauvre de plus de 2000 $. Cette situation, en plus d’être scandaleuse en termes d’équité, causera de nombreux problèmes par rapport à la gestion du RPC et du RRQ.

Traditionnellement, les deux régimes s’organisaient pour avoir des conditions similaires pour les cotisations et les prestations. Cela permettait aux travailleuses et aux travailleurs de pouvoir cotiser aux deux régimes sans avoir d’impact sur leurs prestations finales (par exemple, en cas de déménagement), mais ce n’est pas tout. En effet, la loi constituant le RPC mentionne spécifiquement que toute province qui y adhère OU qui a un programme équivalent est partie prenante du processus décisionnel entourant les projets de réforme. C’est ainsi que le Québec a pu participer aux négociations de Vancouver, et même influencer les autres provinces pour qu’elles choisissent une option moins généreuse, même s’il a son propre régime distinct. La fin de l’équivalence veut donc dire la fin de sa voix au chapitre.

Si donc ce n’est pas pour assurer une meilleure retraite aux Québécois·e·s, et qu’en plus cela réduit le pouvoir d’influence du Québec, quel est donc l’intérêt de pousser cette réforme? La réponse, sans trop de surprise de la part d’un gouvernement néolibéral, se trouve du côté de la contribution des employeurs.

Présentement, les Québécois·e·s cotisent légèrement plus pour leur retraite que dans le reste du Canada, soit 10,8 % de leur salaire plutôt que 9,9 %. En ne soumettant qu’une partie du salaire aux nouvelles cotisations, le gouvernement parvient à faire en sorte que les employeurs du Québec passent de ceux qui cotisent le plus au Canada à ceux qui cotisent le moins. Il invite ensuite les individus à cotiser volontairement dans des RVER ou des REER, deux véhicules individuels aux rendements beaucoup moins avantageux que les régimes publics. Le gouvernement peut ainsi se laver les mains de la responsabilité d’assurer des revenus décents à la retraite. Avec son projet de réforme, on s’enfonce quelques pas de plus dans l’idée que la retraite est une question individuelle. Vous êtes pauvres à 70 ans? Vous n’avez que vous à blâmer...

De nombreux groupes s’élèvent pour dire que le « scénario RPC » est le minimum, que toute proposition en-deçà de ce qui se fera dans les autres provinces est inacceptable. Malheureusement, leurs voix ne semblent pas être entendues dans les médias, ni écoutées à l’Assemblée nationale.

Sujets : retraites RRQ

Celine Gosselin

Injuste , inéquitable et .......

Normand letendre

À lire

Marie-Andrée Fortin Berthelet

Plus ca change plus c'est pareil. On essaie toujours de nous en passer une vite. J'espère que les gens réagiront vite.

Dino Lemay

Inacceptable qu'on soit les plus pauvres au Québec !

Marcelle Perron

Incroyable que nos dirigeants politiques puissent envisager une telle situation....

Michel Jeannotte

Équité avec le reste du Canada

GEORGES ÉMILE GAGNÉ

Une rente décente eut une continuité à notre économie

carole ouellet

je trouve sa degeulasse de faire sa au personnes qui on travailler pour ca

Pierre Michaud

Gang de voleurs on a travaillé toute notre chienne de vie pour en arriver là !

Gregoire Labelle

Ce government de sans-coeur doit debarquer au prochaines elections , que sa soit pour des salaires minimum a 15$ ou une retraite decente ils ne sont pas au rendezvous vous,ni a l'ecoute des gens.

Mariel de Bellefeuille

Vous rendez vous compte que déja vous avez coupé dans plusieurs ministeres et que nous devons admettre que cela est difficile a survivre , imaginez si vous coupé dans les rentes ce que nous aurons presque rien pour vivre. Essayez de prendre le montant
par mois et voir comment vous feriez. Déja malade, ce qui en coutera encore. C'est vraiment injuste pendant que vous vous
accordez des augmentations énormes. Le monde en a ras le bol et vous allez en perdre des voteurs écoeurés.

Roger Cyr

Pourquoi ne suis-je pas étonné ? 😇

Michel Landry

Moi j'ai contribuer depuis 42 ans et je vais continuer à temps partiel j'aimerais profiter de mes droits

Denise Boudreau

Les personnes âgées ont contribué en taxes, impôts et pensions de retraite toute leur vie. Aujourd'hui, on veut les laisser mourir dans la pauvreté ??. Si les gouvernements ne leur auraient pas autant arrachés d'argent en taxes et impôts, ils auraient eu la chance de se payer un fond de retraite. C'est encore le cas aujourd'hui, qui dans la société a les moyens de se payer un fond de retraite alors que les citoyens ont toutes les misères du monde à mettre du pain sur la table et avoir une vie décente.

Claire Lavoie

Injuste...

Paulette Champagne

Merde ! je suis nouvellement retraité de mai 2017 .

nino paquin

Je suis, en ce moment, un cours d'histoire et rien ne change avec le temps. Que ce soit les libéraux, les conservateurs ou tout autre parti, on se fait rouler dans la farine et l'orifice qui n'a pas blanchi est repéré, puis facilement encombré par des projets aussi insensés que néolibéraux. Et on se laisse faire!

Marie Vincent

Les libéraux ont toujours la même doctrine, appauvrir la population et graisser les amis...

Diane Delorme

Les retraités vont vivre dans la pauvreté après avoir travaillé toute leur vie

Frechette Paul Andre

Arrêtez les ces libéraux mettez ça en prison assez de dépouillé la population

Pauline Lambert

On devrait avoir plus. À 65 ans, on se fait couper de 200,00$ par mois. Un autre fois tu te fais couper de 50.00$ par mois car j'ai gagné plus que l'année précédente. Ces imbéciles, ce sont eux qui ajustent nos augmentations si on peut appeler cela augmentations. Ils nous coupent et nous ont à de la difficulté à arriver.

Pierre Michaud

Je suis découragé .!

Marc Jacques Gosselin

Injuste, anti-démocratique et inéquitable... et je pèse mes mots!

robert poirier

on as pas affaire a avoir moins que les autres

Gilles Joseph

Toujours plus pauvre

Guylaine Hubert

Merci de nous expliquer ce que le gouvernement veut nous passer en silence! Injustice...encore!

Tomy joseph

Arrêter de toucher à nos aquis... Et commencer à couper vos salaire et vos dépenses farfelu.... Gouvernement crosseur voleurs fraudeurs profiteurs....

Hélène Deslauriers

Nous somme déjà assez pauvre comme ça,je changerais mes chèques de RRQ et pension de viiellesse contre son salaire pour voir il le premier ministre pourrait vivre avec ça nous somme déjà à la limite du seuil de pauvreté

Pierre Bouchard

Toujours faire payer les "moins bien nantis" , malheureusement ce n'est pas terminé

richard gendron

ont n'as les meme droit que le reste du canada , ns avons travaillez pour avoir une retraite a la hauteur des autre canadien

Normand Roy

Les libéraux s en calisse eux ils protege leur avenir en se votant des salaires et avantages mirobolants

suzanne

nous nous devons de traiter avec respecte nos ainés,je crois qu'ils ont contribués assez!!merci

Diane Bergeron

INACCEPTABLE !!!

Frascadore Nicole

Quelle mufflerie! Le gouvernement du Québec, dans toute sa cohérence, préfère favoriser les entreprise plutôt que les citoyennes et citoyens. Appauvrir les Québécoises et Québécois pour réduire les dépenses de leurs employeurs. Il faudra soulever la question lors de la prochaine campagne électorale : commet Couillard explique-t-il que les Québécois doivent recevoir 2 000$ de moins que les canadiens èa leur retraite. C'est ça être québécois dans un Canada!!!Non merci!

andre parent

ils sont en train de appauvrir le quebec

Richard d'anjou

Égal à égal pour le Canada

luc monastesse

gardons nos acquis

Sylvia Bonenfant

Il nous appauvrit encore ce gouvernement. NON à aucune baisse de revenu pour les retraités actuels et futurs M. COUILLARD faite vos devoirs de bon père de famille. Occupez vous des moins nantis et cessez de baisser les contributions des employeurs au régime sur le dos des travailleurs(ses)... Aucune baisse acceptable il faut améliorer le régime afin que les conditions soient meilleures............point final

daniel gauthier

on travaillent toute notre vie et on doit finir comme les enfants pauvres du canada.!!!!!!!!!!

Tony Chicoine

Beaucoup trop d'ingérences dans la fonction publique et c'est partout pareil.

Sylvie

LIBÉREZ NOUS DES LIBÉRAUX ...

Pierre paquin

J'aime mieux rien dire

Lariviere

Merci gouvernement ,qui à été élu par une forte majorité d'endormi,d'appauvir ton peuple, un jour vous allez payer pour ça

Carole St-Jean

Je suis inquiète

Gaetan bertrand

Dehors ce gouvernement au plus vite

Marcel dube

pas d allures je vais être pauvre en ta

Denis Rivest

Où va aller cet argent? Dans des baisses d'impôt des mieux nantis.

Luc Morrissette

Gouverner pour les amis... c'est assez.

Malette Danielle

Je déplore la décision du gouvernement libéral québécois .

Bernard Arsenault

Manque de respect envers des gens qui ont tant donné.

Georges Lauzon

Ils ont été élu pour notre bien?

Madeleine Gravel

Ça fait des années que les gouvernement provinciaux n'ont aucun respect pour ses habitants qui lui remplissent les poches. Au contraire, ils ont les deux mains dans nos poches. Nous, on n'a ni l'argent, ni le pouvoir des grandes entreprises pour nous «graisser... nous engraisser»

Danièle Lefebvre

Il nous appartient de se débarrasser de ce gouvernement...

Simoneau daniel

Toujours pareil

Alain Gravel

C'est injuste!