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Réinventer le financement de la police au Québec

6 avril 2022


L’institution policière fait aujourd’hui l’objet d’une crise de légitimité qui traverse les frontières. Plusieurs mouvements sociaux ont récemment émergé ici et ailleurs pour dénoncer ses pratiques discriminatoires et ses violences récurrentes. L’une des revendications phares de ces mouvements est le définancement de la police. Les autorités devraient-elles emprunter cette voie? Cette étude constate en premier lieu qu’un consensus existe quant à la nécessité de repenser le financement des services de police au Québec. Elle examine ensuite l’évolution des budgets des services de police dans la province et les compare à d’autres postes de dépenses publiques. Le document analyse en outre les tendances lourdes de la criminalité au Canada et au Québec, en particulier à Montréal et à Québec, en distinguant les crimes contre la personne des crimes contre la propriété. Il constate une désarticulation entre le modèle actuel de financement, l’évolution de la criminalité et celle du travail attendu des personnes chargées de la prévenir. Les résultats de l’étude invitent non seulement à réinventer le financement de la police et de la sécurité publique en misant sur la prévention, mais aussi à repenser la sécurité comme un bien commun.

Faits saillants

  • Il existe désormais un consensus – y compris chez les autorités et les services de police – voulant que le modèle de financement des services de police doive être repensé.
  • En matière de sécurité publique, on observe un manque d’adéquation entre les ressources financières et les besoins des populations. En effet, les différents gouvernements ont tendance à hausser le budget des services policiers quelles que soient les tendances suivies par la criminalité.
  • La sécurité publique coûte de plus en plus cher aux provinces et aux municipalités canadiennes. Après une forte augmentation dans les dernières décennies, le financement des services de police a connu à la fin des années 2000 une relative stabilisation. L’évolution de ces dépenses n’est pas liée causalement à celle de la criminalité.
  • L’analyse des données budgétaires des deux plus grandes municipalités du Québec révèle des différences notables au regard de la structure de leurs dépenses, notamment en ce qui a trait à la sécurité publique. Les budgets destinés à la sécurité et à la police sont proportionnellement moins importants à Québec qu’à Montréal, et ce, sans que cela compromette la sécurité des vies et des biens des résident·e·s de la capitale nationale.
  • La priorisation des solutions répressives au détriment des mesures préventives s’explique par l’entretien d’une «panique morale» qu’il convient de dissiper. Par conséquent, au-delà de la réinvention du financement des services de police, il est nécessaire de repenser la sécurité comme un bien commun.

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