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COMMUNIQUÉ | Plan Dubé en santé : des ambitions louables sans les moyens adaptés

14 avril 2022


Montréal, le 14 avril 2022  Suite à la présentation par le ministre Christian Dubé du Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) soulève les lacunes de la stratégie du gouvernement. Dans une série de fiches socioéconomiques qui paraissent aujourd’hui, l’IRIS rappelle que l’amélioration de l’accès aux soins de santé et aux services sociaux passe par la mobilisation de l’ensemble des professionnel·le·s du réseau et par une véritable décentralisation de sa gestion. L’Institut détaille aussi les risques d’accroître le recours au secteur privé dans le domaine de la santé comme le souhaite le gouvernement Legault.

Liste des fiches
Plan de refondation en santé : pétard mouillé ou bombe à retardement? (14 avril)Fiches sur le privé en santé :

  • #1 : La progression du secteur privé en santé au Québec (2 mars)
  • #2 : ​​Les laboratoires d’analyse médicale (3 mars)
  • #3 : Les services professionnels de santé (13 avril)
  • #4 : Les rouages du secteur privé en santé (14 avril)

Un plan qui ratera les cibles

« Le Plan en santé est plein de bonnes intentions, mais le gouvernement refuse d’utiliser les moyens dont il dispose pour les concrétiser », affirme Anne Plourde, chercheuse à l’IRIS et auteure d’une des fiches que l’Institut fait paraître aujourd’hui. Pour offrir des services de première ligne qui ne reposent plus uniquement sur le corps médical, améliorer l’accès aux services de santé mentale et réaliser la décentralisation et le virage vers les services à domicile qui s’imposent, l’IRIS propose de recourir davantage aux centres locaux de services communautaires (CLSC). « Les CLSC, qui ont fait de l’interdisciplinarité et de l’attention aux besoins des communautés les fondements de leur approche, devraient être au cœur de la refonte du réseau, mais ils sont pratiquement absents du plan déposé par le ministre Dubé », remarque Anne Plourde. 

L’IRIS montre en outre que la croissance du secteur privé depuis les années 1980 échoue à améliorer l’accès aux soins et aux services sociaux. « L’intention de recourir de manière accrue au secteur privé pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la pérennité du système public de santé sans pour autant améliorer l’accès ou la qualité des soins. Elle risque d’entraîner un drainage des ressources humaines et financières vers les cliniques privées, affaiblissant davantage le réseau public », souligne Anne Plourde.

Des services professionnels principalement privés

Le cas de la pratique mixte publique-privée en psychologie et en physiothérapie illustre l’impasse vers laquelle mène l’augmentation de l’offre privée en santé. Une autre fiche réalisée par Myriam Lavoie-Moore montre que la forte présence des services professionnels privés réduit l’accessibilité aux soins, ce qui risque d’entraîner des coûts supplémentaires pour le système public. La chercheuse explique que « les soins professionnels accessibles évitent d’aggraver de multiples problèmes de santé et produisent des résultats à long terme ».

À l’heure actuelle, plus de la moitié des physiothérapeutes et des psychologues pratiquent dans le secteur privé. Augmenter l’offre de services publics en les intégrant pleinement dans le réseau pourrait même être bénéfique sur le plan financier. « Le Québec pourrait réaliser des économies en intégrant les services professionnels de santé comme la psychothérapie et la physiothérapie dans le réseau public », conclut madame Lavoie-Moore.

Pour lire la fiche sur le Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé : https://bit.ly/IRIS-refondation-sante.

Pour lire les 4 fiches sur le privé santé : https://bit.ly/progression-prive-sante.

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