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Redonner aux CLSC les moyens de soigner les gens

14 octobre 2026


Montréal, 14 octobre 2026 – Selon des données inédites dévoilées aujourd’hui, réussir le virage vers la prévention et la première ligne exigerait des investissements 13 fois plus élevés que ce qu’a promis le Parti québécois durant la campagne électorale. C’est la conclusion à laquelle parvient l’IRIS qui publie un plan ambitieux, mais réaliste pour tripler le personnel des CLSC partout au Québec. 

« On n’améliore pas la santé de la population en coupant dans la bureaucratie, mais en redonnant aux CLSC les coudées franches pour soigner les gens. Si le gouvernement souhaite aller dans cette direction, il devra faire des investissements conséquents », estime Anne Plourde, chercheuse à l’IRIS et autrice de l’étude.

Un plan ambitieux, mais réaliste

S’il est sérieux dans sa volonté d’incarner le changement et de faire des CLSC la porte d’entrée du système de santé, le nouveau gouvernement devra augmenter considérablement les sommes dédiées à la première ligne et à la prévention.

« Il faut plus de préposées à domicile, plus d’infirmières, de sages-femmes, de psychologues, de physiothérapeutes et de personnel à l’accueil afin d’éviter que les gens ne se ramassent aux urgences quand ils ont un problème de santé ». 

Le plan d’investissement publié aujourd’hui propose de tripler le personnel de santé dans les CLSC et de réintégrer dans le réseau public une bonne partie des quelque 200 000 travailleuses et travailleurs de la santé qui se trouvent actuellement dans le secteur privé.

Au net, il faudrait en moyenne 1,5 G$ par an pour réussir ce virage vers la première ligne et la prévention, ce qui représente à peine 2,5 % des dépenses actuelles du ministère de la Santé. En effet, nos calculs montrent que la majorité des investissements seraient compensés par des économies importantes en deuxième et troisième lignes, ce qui permettrait de réduire la facture totale pour réussir ce virage. 

« Cela peut sembler contre-intuitif dans un contexte où la santé accapare déjà une lourde proportion du budget du gouvernement, mais c’est par des investissements massifs en santé qu’on va générer des économies, et non en coupant dans la bureaucratie comme le proposent la plupart des partis ». 

« Ce n’est pas normal que le poste budgétaire en santé augmente sans cesse sans qu’on ne le ressente dans les services. Nous proposons d’inverser la spirale du malfinancement par une meilleure utilisation et une meilleure répartition des investissements consentis », soutient la chercheuse. 

À l’heure actuelle, alors que la première ligne devrait répondre à 80 % des besoins de la population, c’est seulement 24 % des dépenses de programme dans les services qui lui sont allouées.

Consensus autour d’une première ligne forte

Toutes les commissions d’enquête sur le système de santé qui se sont succédé au cours des 60 dernières années s’entendent pour dire qu’il faut mettre fin à l’hospitalo-centrisme et effectuer un virage vers la prévention et les services de première ligne. 

« Ce qui va réellement changer la vie des gens et désengorger les hôpitaux, c’est une prise en charge des problèmes de santé mineurs avant qu’ils ne deviennent des problèmes majeurs », explique la chercheuse. 

Au Québec, le système de santé et de services sociaux demeure pourtant largement centré sur les services de deuxième et troisième lignes, qui continuent de mobiliser plus des trois quarts des ressources financières et humaines investies dans les programmes-services.