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Le réseau scolaire public a besoin de 3,7 milliards de dollars de plus

28 mai 2026


Montréal, le 28 mai 2026 – Près d’un an après la controverse entourant les coupes massives en éducation qu’a voulu imposer le gouvernement du Québec, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publie aujourd’hui un nouveau rapport qui propose un plan de relance pour l’éducation au Québec.

« Depuis plusieurs années, on observe un décalage entre les ambitions en matière de réussite éducative et les conditions concrètes dans lesquelles les services sont offerts. Pour rattraper cet écart, il faut investir davantage de ressources dans le réseau », explique Maxim Fortin, chercheur à l’IRIS et auteur de l’étude.

Embauche de professionnel·le·s et qualification du corps enseignant

Pour répondre au nombre croissant d’élèves à besoins particuliers, l’IRIS propose d’instaurer un ratio de 1 professionnel·le·s des services pour 160 élèves, ce qui nécessiterait l’embauche de 2 200 personnes.

« Dans l’optique de remédier à la pénurie d’enseignant·e·s dans le réseau public, le gouvernement devrait également offrir la gratuité scolaire aux étudiant·e·s en éducation et soutenir la formation du personnel enseignant non légalement qualifié, qui a crû de 171% entre 2013 et 2023 », soutient le chercheur.

Précarité du personnel 

Le rapport révèle que 61% du personnel de soutien, 42% des enseignant·e·s et 23% des professionnel·le·s des services sont en position de travail temporaire ou à temps partiel, contre seulement 13% pour l’ensemble du marché de l’emploi québécois.

« La normalisation de la précarité du personnel de soutien, notamment les surveillant·e·s d’élèves et les éducatrices en services de garde, agit nécessairement sur la rétention de ces employé·e·s. Il faudrait investir annuellement 500 millions de dollars pour réduire concrètement la précarité dans le réseau scolaire public », propose Maxim Fortin.

Des besoins en rénovation à combler 

Le déficit de maintien des actifs (DMA) a doublé entre 2018 et 2026 et atteint maintenant 9,8 milliards de dollars. Selon les critères du gouvernement, 53 % des écoles sont désormais en mauvais état et le tiers ont des problèmes de climatisation ou de qualité de l’air et de l’eau.

« La vétusté des écoles a des conséquences concrètes sur les élèves, notamment en matière de santé publique. Les investissements prévus au Plan québécois des infrastructures ne seront pas suffisants pour remédier à la situation », explique Maxim Fortin.

Le chercheur calcule qu’il faudrait en moyenne 2,8 milliards de dollars d’investissements supplémentaires chaque année pour maintenir le parc d’infrastructures et résorber le DMA.

« Nous calculons qu’un réinvestissement total de 3,7 milliards de dollars par an est nécessaire pour relancer le réseau d’éducation. Répondre adéquatement aux besoins croissants du système suppose non seulement des investissements supplémentaires, mais également une approche de gestion qui reconnaisse pleinement la mission sociale de l’école publique et l’importance de conditions de travail stables pour le personnel qui y œuvre », conclut Maxim Fortin.