Communiqué | Le Plan vert a été conçu pour les hommes

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Montréal, le 7 mars 2021 – Alors que le monde entier fait face à la plus grande crise climatique de son histoire, le gouvernement du Québec s’apprête à déployer un plan de transition qui semble avoir été conçu de toutes pièces pour les hommes, analyse l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) après l’avoir étudié attentivement. 

Les femmes ont un rôle important à jouer dans la transition écologique, mais elles sont pour ainsi dire absentes des plans de lutte aux changements climatiques proposés par les gouvernements. « Non seulement le Plan pour une économie verte ne répond pas aux objectifs climatiques que s’est donnés le Québec, mais en plus, les femmes n’y figurent nulle part. La quasi-totalité des mesures du Plan visent des secteurs où les emplois sont occupés en majorité par des hommes et ne laissent aucune place aux secteurs traditionnellement féminins. Actuellement, le Plan vert reproduit les inégalités de genre en ignorant les femmes », estime Julia Posca, chercheuse à l’IRIS.

« Pour l’IRIS, il est anormal que les femmes soient absentes du Plan pour une économie verte. On dirait que personne au gouvernement ne s’est même posé la question : est-ce que notre plan affecte/aide les femmes ? Le gouvernement doit se servir de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) comme outil d’analyse s’il souhaite que son Plan vert ne laisse personne derrière. C’est un outil qui est sous-utilisé, mais qu’on connaît très bien au gouvernement et il est grand temps de s’en servir » poursuit sa collègue Eve-Lyne Couturier.

Comme la pandémie de COVID-19, la crise environnementale est monumentale et pour y faire face, les gouvernements doivent contribuer par leur intervention à rendre l’économie québécoise et canadienne plus résiliente. « Évitons de reproduire les mêmes erreurs, la solution est devant nos yeux si on veut bien la voir. Au-delà de la construction et la fabrication, il faut voir les services à la population. On doit investir dans les services sociaux, en éducation et en santé notamment, parce que ce sont des moteurs économiques importants qui diversifient nos économies régionales », poursuit Mme Posca.

D’ailleurs, renforcer nos services publics ne servirait pas uniquement à diversifier nos économies régionales, il s’agit d’une mesure nécessaire étant donné que les changements climatiques vont exercer une grande pression sur nos services publics. « On le voit actuellement, l’austérité a affaibli nos services publics, qui peinent à faire face à la crise sanitaire. La crise climatique ne sera pas si différente et il faut s’y préparer », explique Mme Posca.

À propos de l’IRIS
Depuis 20 ans, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques analyse les politiques publiques et l’économie du Québec. À but non lucratif et indépendant, l’Institut produit et diffuse des recherches sur les grands enjeux de l’heure, tels que la crise climatique et environnementale, la marchandisation de l’éducation ou de la santé et la croissance des inégalités.