Finances publiques : une proposition ambitieuse pour une économie plus résiliente

Par

Montréal, le 10 février 2021 – Face à la COVID-19, les gouvernements avaient-il les moyens de dépenser autant qu'ils l'ont fait ? Dans la nouvelle brochure Comment planifier l’après-COVID ? Un choix entre austérité et résilience, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) montre qu'il était non seulement impératif de réaliser d'importantes dépenses en contexte de pandémie, mais qu’il faut désormais investir pour relancer l’économie et la rendre plus résiliente face aux crises de notre époque, notamment la crise climatique. À un mois du dépôt des budgets du Québec et du Canada, l’Institut propose une alternative pérenne à l’austérité budgétaire.

Vers une économie résiliente

Ainsi, l’IRIS propose la « double boucle de l’économie résiliente » qui entend utiliser la capacité d’investissement de l’État pour amorcer une transformation économique. Guillaume Hébert, chercheur et co-auteur de la brochure, invite les gouvernements à s’inspirer de la double boucle afin de simultanément mieux redistribuer la richesse et démocratiser l'économie tout en protégeant l'environnement. « En d’autres mots, il faut se détourner des logiques capitalistes qui créent des inégalités et appauvrissent les écosystèmes et entrer dans un cercle vertueux qui renforce une société plus juste et une économie plus soutenable. » 

Les auteurs de la brochure privilégient d’une part une nouvelle politique budgétaire et fiscale afin de mieux redistribuer la richesse et s’assurer que tous et toutes ont un niveau de vie leur permettant de s’épanouir. D’autre part, ils suggèrent un développement économique qui serve l’intérêt de la majorité plutôt qu’une minorité privilégiée. L’économiste et co-auteur de la brochure Mathieu Dufour indique que « le nouveau mode économique s’appuie davantage sur le secteur public et la sphère non-marchande, c’est-à-dire l’économie sociale et solidaire, afin de réaliser la transition écologique dont l’absolue nécessité fait de plus en plus consensus. On a vu qu'on a des ressources pour faire face aux crises, alors mobilisons-les pour transformer notre économie. » 

La fin de l’austérité ?

Mathieu Dufour explique que « le dogme du déficit zéro est nuisible pour les finances publiques et la capacité de l'État de relancer l’économie. Quand l'État dépense, il stimule l’économie et se donne les moyens de s’attaquer aux problèmes sociaux et environnementaux actuels ». Par le passé, le recours à l’austérité pour assainir les finances publiques a été contre-productif puisqu’il a exacerbé les inégalités tout en étouffant l’activité économique. 

Plusieurs observateurs s’entendent aujourd’hui à l’effet que des politiques d’austérité sont inadéquates à court terme. Mais « l’idée selon laquelle l’austérité doit nécessairement être appliquée plus tard est tout aussi néfaste, ajoute Guillaume Hébert. Il faut carrément changer l’horizon. Il faut dès maintenant utiliser les leviers de l’État pour repenser le fonctionnement de l’économie du Québec ».