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COMMUNIQUÉ | Accès aux soins de santé : des inégalités marquées en Outaouais

4 novembre 2021


Montréal, le 4 novembre 2021 – Existe-t-il des liens entre le manque d’accès aux soins de santé en Outaouais et la situation socioéconomique des différentes communautés de cette région ? Sans aucun doute, révèle le Portrait des inégalités d’accès aux services de santé en Outaouais rendu public par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) ce matin. Bien que le sous-financement affecte l’ensemble de la région, les MRC éloignées de Gatineau comme le Pontiac et la Vallée-de-la-Gatineau font figure de parent pauvre de l’accès aux soins en Outaouais.

Des soins de première ligne insuffisants

À Gatineau, les soins de première ligne comme les consultations dans les CLSC et les cliniques médicales font défaut à un point tel que la population doit se rabattre sur les urgences, qui s’en trouvent saturées. Le délai de prise en charge médicale y est beaucoup plus élevé que la moyenne québécoise (3 h 14 à l’Hôpital de Hull, 3 h 56 à celui de Gatineau et 3 h 10 en moyenne pour l’Outaouais, contre 2 h 23 au Québec). On constate aussi qu’entre 18,9 % et 20,4 % des patient·e·s quittent l’urgence avant d’être pris en charge dans ces deux mêmes hôpitaux. C’est le double de la moyenne québécoise (10,2 %).

« Les investissements à Gatineau sont indispensables, mais le nouvel hôpital sera nettement insuffisant pour répondre aux besoins de la population. Il faut absolument remédier aux problèmes d’accès aux soins de première ligne », explique Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS.

Iniquités entre les MRC

« Une réflexion s’impose également sur la capacité de nos institutions à offrir un accès équitable aux soins et services de santé dans les différentes municipalités régionales de comté (MRC) de l’Outaouais », fait valoir le co-auteur de la note. La centralisation du réseau depuis 2004 a participé à rendre les services moins adaptés dans les régions éloignées comme le Pontiac ou la Vallée-de-la-Gatineau. L’accès aux soins de deuxième et troisième lignes de même qu’aux soins de santé mentale y est très limité, voire inexistant. Par exemple, l’Hôpital de Gatineau compte à lui seul 96,6 % des usagères des services de maternité. Monsieur Schepper ajoute que « non seulement ces MRC sont plus éloignées et dépourvues de services, mais l’espérance de vie y est également plus basse que la moyenne québécoise. Sans surprise, ce sont aussi dans les communautés où la proportion de personnes autochtones est la plus élevée que la défavorisation matérielle est la plus importante. »

Une région tout entière sous-financée

Un an après la publication en 2018 d’une étude de l’IRIS qui mettait en lumière le sous-financement du système de santé et de services sociaux en Outaouais, l’Assemblée nationale du Québec a officiellement reconnu à l’unanimité le problème. Ce sous-financement entraîne notamment des difficultés d’accès aux services d’urgence, aux soins hospitaliers et aux services de santé mentale. « En Outaouais, l’accès aux soins de santé est toujours sous la moyenne québécoise, mais les inégalités sont encore plus grandes entre les MRC », conclut le chercheur.

Les indicateurs en matière de santé restent plus faibles en Outaouais que pour la moyenne québécoise. L’étude en quelques chiffres :

  • L’espérance de vie est de 79,4 ans dans le Pontiac et de 79,3 ans dans La Vallée-de-la-Gatineau. La moyenne québécoise est pourtant de 82,8 ans.
  • L’Hôpital de Gatineau compte 96,6 % des usagères des services de maternité alors que 72 % de la population de l’Outaouais habite Gatineau.
  • Le Québec compte 2,51 médecins par mille habitants, contre seulement 1,54 en Outaouais.
  • Le nombre d’infirmières est de 7,34 par mille habitants au Québec, mais de 5,00 en Outaouais.
  • La proportion de départs de l’urgence sans prise en charge s’élève en moyenne à 14,9 % en Outaouais, contre 10,2 % pour le Québec. À Gatineau, c’est entre 18,9 % et 20,4 %.
  • Le délai de prise en charge médicale est beaucoup plus élevé dans les urgences de l’Outaouais que la moyenne québécoise : 3 h 14 à l’Hôpital de Hull, 3 h 56 à celui de Gatineau et 3 h 10 en moyenne pour l’Outaouais, contre 2 h 23 au Québec.

Pour lire la note : https://bit.ly/sante-outaouais.

L'Outaouais pas rapport au reste du Québec :

moins

de médecins et d'infirmières par habitant

plus

de départs de l'urgence sans prise en charge

plus

d'attente aux urgences


  • Il y a un lien étroit entre l’espérance de vie et le revenu en Outaouais. L’espérance de vie de la population dans le Pontiac (79,4 ans) et dans la Vallée-de-l’Outaouais (79,3 ans) où les revenus sont plus faibles est nettement plus basse que la moyenne québécoise (82,8).
  • Il existe une surcharge importante des urgences dans les  installations de Gatineau où le taux de départ des patient·e·s de l’urgence sans prise en charge est près du double de la moyenne québécoise.
  • Les résidents des MRC les moins nanties de l’Outaouais ont un accès plus limité aux services de deuxième et troisième lignes et en santé mentale.
  • Peu d’informations sont disponibles publiquement quant aux enjeux entourant la promotion et la prévention de la santé. Cependant, il existe des besoins criants dans ce domaine. Par exemple, en termes de prévention, on remarque que le taux de participation pour les dépistages du cancer du sein est de neuf points de pourcentage inférieur en Outaouais par rapport à la moyenne québécoise.

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