Une rigolade en période austère

Par

Les écoles qui arrêtent de servir des repas aux élèves qui ne mangent pas à la maison. Les services aux enfants en difficulté qui sont coupés. Les personnes âgées qui n’ont droit qu’à un bain par semaine dans des centres hospitaliers de longue durée. Les hôpitaux qui voient les délais s’allonger dans les résultats de laboratoire puisqu’ils ont coupé dans les postes techniques pour éviter de couper dans les soins de première ligne. Le logement social qui est sous-financé. Les lieux de concertation régionale qui sont abolis. L’austérité, ce n’est pas une affaire drôle. Et pourtant, mardi prochain, des personnes drôles chercheront à faire rire en en parlant.




L’idée est audacieuse. Et plus audacieux encore, on a invité deux personnes « plates » pour donner une petite dose de sérieux de plus. Ainsi, si les humoristes sauront pousser la réflexion jusqu’au drôle, Ianik Marcil et moi auront la tâche difficile de donner un peu de contexte aux blagues.


Alors qu’on a parfois l’impression que le rôle de l’humour est de renforcer des stéréotypes (les filles sont d’même, alors que les gars eux... la vie en banlieue, vous ne trouvez pas? ah pis le Plateau Mont-Royal...), son pouvoir subversif est grand. Ce n’est pas parce que c’est drôle que ce n’est pas réfléchi, bien au contraire. Une histoire drôle bien racontée peut nous amener plus loin dans notre pensée. Nous pousser dans nos retranchements. Nous mettre le nez dans notre propres contradictions. Nous connecter les uns aux autres pour qu’on se rende compte qu’on est dans le même bateau. Et que, malgré que notre système politique soit une démocratie, ce n’est pas nous qui tenons le gouvernail.


Ce qui se passe au Québec présentement, économiquement et socialement, je peux le décrire, je peux l’étudier, je peux l’expliquer. Quand j’en parle, c’est parfois déprimant. Mardi par contre, la situation ne sera pas moins décourageante, mais elle sera un tout petit peu plus drôle. Venez!

Sujets : austérité

Commentaire sur l'article