Rio+20 : Échec et mat pour la justice sociale et environnementale

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Si le premier Sommet de Rio en 1992 a été mémorable pour l’énoncé du principe du développement durable, Rio+20 sera largement oubliable à cause du manque de volonté des chefs d’État de s’entendre sur des mesures concrètes pour mettre ce principe en œuvre.  Avant même l’ouverture des discussions, les critiques de l’agenda de Rio+20 étaient si sévères que la société civile s’est organisée en parallèle un Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale.

Alors qu’à la conférence de l’ONU, l’économie verte était à l’ordre du jour comme moyen de développement durable, au Sommet des peuples on voyait dans l’économie verte un cheval de Troie accélérant la privatisation et perpétuant une économie basée sur l’extraction de combustibles fossiles et sur l’exploitation des personnes et de l’environnement.

Environ 200 Québécois-e-s étaient au Sommet des peuples dans le Parc du Flamengo au centre-ville de Rio, à quelques 40 km de la conférence onusienne basée à l’extérieur de la ville. Je faisais partie d’un regroupement de 77 membres d’organismes québécois luttant pour les droits environnementaux, autochtones, syndicaux, sociaux, des femmes et des étudiant-e-s.

Au Sommet des peuples, on trouvait des expositions et des kiosques ainsi que quelques centaines d’activités, de rassemblements, de rencontres, de plénières, d’assemblées, d’évènements culturels et de manifestations publiques. J’en ai profité pour participer à des ateliers sur l’élimination de la pauvreté, sur l’industrie extractive et sur le Plan Nord. J’ai également rencontré des membres du mouvement paysan (campesinos) et j’ai assisté à une assemblée générale d’étudiants. Par moment, le site du Sommet devenait une véritable cacophonie de chants aborigènes, de discours provenant de porte-voix, de spectacles impromptus, de sirènes de police, et d’hélicoptères de la sécurité nationale.

Vendredi dernier, suite à la clôture des conférences, 36 activistes ont rencontré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, pour présenter la déclaration finale du Sommet des peuples. Au moment d’écrire ces lignes, je n’avais pas reçu de copie de ladite déclaration, mais on me signale que la rencontre a été brève.

Toutefois, s’il y a eu un développement positif au Sommet des peuples, c’est un discours récurrent soulignant l’importance de la convergence des luttes. La nécessité de joindre les luttes sociales aux luttes environnementales ressortait de toutes les conversations. Si les chefs d’États continuent d’ignorer les appels de la société civile à protéger les droits sociaux et environnementaux, il faudra redoubler d’efforts et travailler ensemble à l’échelle locale dans l’espoir qu’un jour nos élus nous écouteront.

Sujets : écologie ONU Brésil

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