Pourquoi un livre sur l’histoire économique de la SAQ et de Loto-Québec

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Cette semaine, notre livre Du vin et des jeux : Le virage commercial de la SAQ et de Loto-Québec sera disponible en librairie. Nous en sommes évidemment très fiers et nous vous invitons au lancement qui aura lieu le 10 avril prochain. Lors de ce lancement, comme vous êtes des gens polis, vous nous ferez certainement les félicitations d’usage et nous vous remercierons avec enthousiasme. Cependant, ce court moment passé, vous ferez ce que n’importe qui ferait ; vous nous regarderez droit dans les yeux et vous nous demanderez : « mais pourquoi diable publier un livre sur la SAQ et Loto-Québec ? ». Les prochaines lignes tenteront de répondre d’emblée à ce questionnement.

Dans les dernières années, la Société des alcools du Québec et Loto-Québec ont fait parler d’elles. La mise en place de la Société québécoise du cannabis (SQDC), la demande d’une étude par le gouvernement Couillard sur une possible privatisation ou libéralisation de la SAQ et le débat entourant le déménagement du Salon de jeux de Loto-Québec dans le quartier Vanier à Québec ne sont que quelques exemples des enjeux entourant ces sociétés d’État qui ont fait les manchettes. C’est normal, rappelons que lesdites sociétés transféraient en 2017-2018 plus de 2,4 G$ de dividendes au gouvernement du Québec et employaient autour de 8 000 personnes. Leur importance fait que nous sommes tous concernés de près ou de loin par les actions de ces sociétés.    

Dans l’espace public, les débats entourant ces enjeux sont presque toujours présentés de la même manière. On met face à face deux personnes aux idées opposées : à droite, on souhaite des rendements élevés ainsi que l’intervention du secteur privé, alors qu’à gauche, on demande le maintien de sociétés publiques et de bons salaires. Nous avons participé à cette mise en scène, plus souvent qu’à notre tour. Bien qu’instructive, cette manière de présenter les enjeux a d’importantes limites qui minent notre compréhension du rôle même de ces sociétés d’État. En effet, parfois, on définit ces sociétés d’État comme des entreprises qui vendent un produit comme n’importe quel autre, et d’autres fois, comme des organisations devant protéger le public de produits dangereux. Sur d’autres tribunes, on considère qu’elles sont des monopoles tout-puissants qui devraient être démantelés tout en admettant, du bout des lèvres, que leur apport aux finances publiques est essentiel. Bref, si toutes ces définitions ont une part de vérité, on les considère rarement toutes ensemble.

C’est pourquoi il nous semble nécessaire de faire un exercice de retour historique qui met en lumière les tensions et les transformations qui ont formé ces sociétés d’État depuis leur création. Ce travail nous semble d’autant plus nécessaire qu’il est pratiquement inexistant et qu’aucun ouvrage relatant l’histoire de Loto-Québec et de la SAQ n’a été publié depuis les années 1990.

Dans la foulée de notre réflexion présentée dans le livre Dépossession Une histoire économique du Québec contemporain. Tome 1 : Les ressources, nous dressons un portrait d’institutions créées autour de la Révolution tranquille qui avaient le potentiel de redonner aux Québécois·es le contrôle de leurs choix collectifs. Cependant, le caractère inachevé de ces institutions, qui n’ont jamais atteint leur pleine maturité, les a amenées à faire partie d’un phénomène de dépossession qui a jalonné l’histoire du Québec.

Notre livre présente cette histoire de la SAQ et de Loto-Québec, ainsi que des pistes de solution pour harmoniser les besoins des Québécois·es autour de la vente de l’alcool, du cannabis et des jeux de hasard.

Commentaire sur l'article

Christian

Aucunes mentions de l'utilisation de l’alcool et des jeux pour pacifier la population, ni du rôle de "dealer" de l'état qui est en contradiction avec les luttes aux dépendances.