Mise à jour économique fédérale : le gouvernement maintient son orientation extractiviste
29 avril 2026
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Hier en fin d’après-midi, le ministre des Finances François-Philippe Champagne a publié une mise à jour économique, six mois après le dépôt du premier budget de son gouvernement. Quels constats peut-on en tirer?
- Le déficit fédéral s’avère moins élevé que prévu : il est de 66,9 milliards, au lieu des 78,3 milliards de dollars annoncés à l’automne. Tout d’abord, il est important de rappeler que, malgré les grands titres, le déficit du Canada ne pose pas problème : la dette nette du Canada par rapport au PIB est très basse comparativement à celle des pays du G7.
- Néanmoins, on peut souligner que la situation financière du Canada serait encore meilleure si le gouvernement Carney ne s’était pas privé d’environ 10 milliards de dollars par année en octroyant des cadeaux fiscaux qui ne bénéficient qu’à une minorité de la population. Par ailleurs, le gouvernement aurait pu profiter de sa situation financière favorable pour annuler ses compressions injustifiées de l’automne, comme la réduction des activités de l’Agence canadienne d’inspection des aliments ou encore l’élimination du programme de plantation d’arbres.
- Le gouvernement annonce des mesures pour soutenir l’embauche et la formation de travailleurs et de travailleuses manuel·e·s qui contribueront à « bâtir le Canada ». Quoique le soutien à l’éducation puisse être vu d’un bon œil, on peut s’inquiéter que ces mesures visent des travailleurs de métiers essentiellement masculins, reproduisant ainsi des biais genrés qui ont souvent marqué les politiques de soutien à l’économie.
- On peut aussi se méfier du Canada que le gouvernement Carney souhaite bâtir. En effet, les mesures destinées au recrutement de la main-d’œuvre doivent permettre la réalisation des « projets d’intérêt national», qui sont pour la plupart des projets miniers et fossiles incompatibles avec les principes de la transition écologique juste.
- C’est donc avec le même scepticisme qu’on doit accueillir le nouveau « Fonds pour un Canada fort ». Il serait possible d’envisager un fonds souverain qui serait financé à même les profits des grandes entreprises et qui jouerait un rôle positif pour coordonner et appuyer les efforts de décarbonation de l’économie. Or, le gouvernement Carney fait plutôt l’inverse : il donne de l’argent public à un nouveau fonds – sur lequel les élu·e·s auront peu de contrôle démocratique – pour l’investir dans des projets principalement extractivistes.
Photo: No machine-readable author provided. Arctic.gnome assumed (based on copyright claims), CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)