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En un graphique – La manne immobilière n’est pas à la portée de tout le monde

8 novembre 2022

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2min

  • Julia Posca

L’an dernier, alors que le marché immobilier était en surchauffe et que partout au Québec, le nombre de propriétés vendues en surenchère explosait, des entreprises faisaient des affaires d’or en offrant des conseils aux investisseuses et investisseurs immobiliers en devenir ou déjà établis. Si l’on en croit leurs publicités, il ne suffit que de suivre quelques astuces simples pour devenir millionnaire et atteindre « l’indépendance financière » en investissant sur le marché immobilier.

La réalité semble toutefois bien loin de ces promesses d’enrichissement rapide. Statistique Canada publiait la semaine dernière des données sur les revenus locatifs des propriétaires au Canada qui nous permettent de voir qu’il n’est pas aussi facile de tirer des revenus de l’immobilier que ce que les gourous de l’industrie prétendent – ou du moins que cette manne n’est pas accessible à tous.

En 2020, seuls 7,9% des familles canadiennes ont déclaré des revenus de location, un pourcentage en légère hausse par rapport à 2008, quand un creux de 7,0% avait été atteint en 20 ans.

Quant au revenu de location net médian des familles, soit le revenu tiré de la location d’un bien immobilier moins les dépenses encourues, il s’élevait à 2 750 $ en 2020, en forte hausse par rapport à l’an 2000, alors qu’il n’était que de 790 $.

En d’autres mots, peu de gens tirent des revenus d’un bien immobilier, mais ceux et celles qui le font ont vu ces revenus augmenter considérablement dans les vingt dernières années – une situation qui peut s’expliquer par la hausse importante des loyers durant cette période. Mentionnons cela dit que dans le contexte actuel de hausse des taux d’intérêt, certains propriétaires pourraient voir leurs revenus nets de location s’effriter.

On constate en outre que ces revenus sont relativement modestes. En comparaison avec l’industrie des bailleurs de biens immobiliers, dont la contribution au produit intérieur brut s’est élevée à 75,4 milliards de dollars en 2019 au Canada, ou 3,4% du PIB, les petits propriétaires de logements locatifs ne font pas le poids.

Dans tous les cas, la profitabilité des immeubles locatifs a pour revers le recul de l’abordabilité des logements au Canada. Pour contrer cette tendance, il faudrait revoir nos politiques d’habitation, notamment en encadrant mieux le marché locatif, qui ne représente pour certains qu’une source de profits autorisant les pires pratiques.

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3 comments

  1. pour un meilleur portrait, je pense qu’il faudrait aussi regarder l’évolution des revenus de location bruts. L’augmentation des revenus nets peut aussi traduire une maturation de la propriété d’immeubles à revenus (y compris proprio occupant): coût de l’hypothèque qui diminue et donc augmentation des revenus nets déclarés, non ?

  2. Il me semble que ce graphique démontre clairement votre biais contre les propriétaires de logement au Québec. Je ne nie pas que des spéculateurs puissent utiliser des moyens qui ne respectent pas les règles déjà contraignantes encadrant la location des logements au Québec, mais généraliser ces comportements à tous les locateurs est injuste. Ce graphique démontre clairement que les revenus tirés de la location de logements sont quasi ridicules et compte tenu de l’état des immeubles à logements ne permettent pas de les entretenirs convenablement sans mettre la main dans sa poche et compter sur plus de 40 ans avant de se voir rembourser le capital investi, et ce, sans compter les intérêts si on a le malheur d’emprunter pour entretenir et rénover.

    C’est honteux de votre part et vos solutions proposées ne peuvent qu’aggraver la crise du logement. Si de plus en plus de gens vivent seuls avec un seul revenu insuffisant pour joindre les deux bouts, croire que les propriétaires avec un revenu net de deux milles quelques cents dollars vont pouvoir être pressurisés ad nauseam en raison de la propagande que vous contribuez à propager à l’effet que les propriétaires sont tous d’ignobles cupides, relève de la mauvaise foi. Refaites vos devoirs, ils sont teintés de bord en bord d’un biais idéologiques qui nuit plutôt que d’aider à identifier des pistes de solutions viables à la crise du logement au Québec.

  3. Avoir un lieu ou vivre est un bien premier.
    Les loyers et les taxes foncières devraient logiquement être à l’abri de toute forme de spéculation.

    Malheureusement, aucun pays n’a encore osé se débarrasser de l’inflation, un des éléments qui fait monter les prix pour tout sans faire augmenter en aucune façon le bien-être des individus.

    Il faut détruire à tout jamais le pouvoir des banques privées de créer et d’utiliser l’argent-dette!