Le communautaire en grève

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Disons qu’il ne manque pas d’action sur la scène des luttes sociales québécoises par les temps qui courent : lutte contre l’austérité, grèves dans le secteur public, chaînes de parents qui se portent à la défense de l’école publique, opposition au projet Énergie Est, etc. À cela s’ajoute depuis hier un mouvement de grève regroupant 1300 des 4000 organismes communautaires du Québec.

Ces organismes qui, pour la plupart sont actifs dans le domaine de la santé et des services sociaux, doivent composer avec un sous-financement chronique de leur mission. Au-delà des idées reçues et des stéréotypes, il faut prendre la mesure de leur importance dans le tissu social du Québec. C’est souvent ces groupes qui doivent venir en aide et défendre les droits des personnes les plus défavorisées, et les maigres 400 M$ que le gouvernement leur verse ne suffisent clairement pas.

Les organismes communautaires qui ont décidé de fermer leurs portes demandent 250 M$ en financement supplémentaire. Répartie sur l’ensemble des groupes, on ne parle que d’une majoration de 62 500 $ pour chacun d’eux. Rien donc de bien exagéré, mais souvent ce qu’il manque pour permettre de bien remplir leur mission.

Il y a bien sûr quelque chose d’odieux à voir la facilité avec laquelle le gouvernement injecte des fonds pour soutenir Bombardier et ses déboires, mais qu’il s’obstine à faire la sourde oreille aux demandes qui émanent des organisations qui pourtant répondent aux besoins essentiels de la population.  

Allons-y avec quelques comparaisons, non pas pour épuiser le sujet, mais simplement pour montrer les distorsions qui prévalent dans l’attribution des fonds publics. Investir 250 M$ dans le financement des groupes communautaires ne représente au final à peine plus qu’un demi Colisée!

Plus sérieusement, chaque année, l’État laisse échapper plus que le double de ce montant en refusant d’imposer l’ensemble des gains en capital, tout comme il a préféré verser 1,5 G$ l’an dans le Fonds des générations! C’est six fois plus que ce que demande le milieu communautaire.

Il faut comprendre que l’on parle d’un montant qui, au final, est assez modeste. Il n’est question que de 0,7 % du budget attribué au Ministère de la santé et des services sociaux et que de 0,3 % des dépenses consolidées du gouvernement.    

Il est regrettable que le monde communautaire doive en venir à faire la grève pour demander des sommes si modiques, surtout lorsqu’on constate le travail qu’il réalise sur le terrain. 

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