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Mise à jour économique: le spectre de la récession plane sur le budget fédéral

4 novembre 2022

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3min

  • Julia Posca

La ministre des Finances Chrystia Freeland présentait hier son Énoncé économique de l’automne 2022, une mise à jour de la situation budgétaire du gouvernement fédéral. Alors que la pandémie a marqué les exercices budgétaires de 2020 et 2021, depuis 2022, c’est bien sûr l’inflation qui imprime sa marque sur la stratégie du gouvernement.

Ottawa a suivi en partie les recommandations du Fonds monétaire international et présenté un nombre limité de mesures ciblées qui visent à aider les personnes les plus vulnérables à faire face à la hausse généralisée des prix. Notons qu’une mise à jour économique est un exercice toujours beaucoup plus modeste que le budget présenté au printemps.

On retient néanmoins parmi les quelques mesures proposées la réduction de 50% des frais de garde pour les enfants qui fréquentent des garderies réglementées; une hausse de 10% de la pension de la Sécurité de la vieillesse; la bonification de l’Allocation canadienne pour les travailleurs, qui s’adresse à des salarié·e·s à faible revenu; un élargissement de l’éligibilité à la Prestation dentaire canadienne et à l’Allocation canadienne pour le logement; et l’élimination des intérêts sur les prêts étudiants fédéraux. De nouvelles mesures sont aussi adoptées pour faciliter l’accès à la propriété et limiter la spéculation immobilière. 

Le gouvernement continue avec de telles mesures à se positionner comme un gouvernement interventionniste, une manière de se démarquer clairement des conservateurs de Pierre Poilièvre et de respecter son entente avec le Nouveau parti démocratique, qui permet aux libéraux de gouverner malgré leur position minoritaire.

Mme Freeland prend aussi acte des risques de récession qui planent au-dessus de l’économie canadienne (et mondiale). Un tel ralentissement économique plomberait les revenus des entreprises et des ménages et, par conséquent, ceux du gouvernement. Des mesures sont ainsi mises de l’avant afin de stimuler les investissements des entreprises au pays, dont la création du Fonds de croissance du Canada. Le gouvernement Trudeau entend, avec ces mesures, développer « une économie carboneutre ».

En clair, le fédéral se trouve à devoir contrebalancer l’action de la Banque du Canada qui, avec ses hausses successives du taux directeur, lutte contre l’inflation au risque de causer un ralentissement économique qui pourrait être bien plus dommageable pour les travailleurs et les travailleuses.

Fait à noter, même si le gouvernement se prépare à ce « scénario pessimiste », le ministère des Finances prévoit que le poids de la dette fédérale continuera à baisser comparativement à la taille de l’économie. La diminution du ratio dette/PIB, illustré au graphique ci-bas, se poursuit ainsi malgré une pandémie sans précédent depuis un siècle et des perturbations économiques qui persistent à l’échelle mondiale. Comme quoi le fédéral est en bonne posture budgétaire pour affronter les turbulences des prochains mois.

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1 comment

  1. Un pays qui a une dette n’est pas souverain.
    Le rappel d’une dette peut forcer un pays endetté à couper les services à ses citoyens, ce qui est le contraire de la souveraineté.

    Commençons par détruire à tout jamais le pouvoir des banques privées de créer et d’utiliser l’argent-dette, ce qui détruira la source de l’inflation.