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Le dogme climato-sceptique

24 mars 2014

  • Bertrand Schepper

Alors que les sondages démontrent que plus de 97 % des scientifiques qui travaillent sur le climat s’accordent pour dire que le réchauffement climatique est causé par l’activité humaine, il reste encore une frange de la population qui nie le fait qu’il y a un réchauffement climatique ou que celui-ci est causé par l’activité humaine.

Qui sont-ils? 

Généralement nommés climato-sceptiques ou Climate change deniers, ils représentent autour de 10% des Québécois.e.s. Ils sont plus actifs dans les médias que leur réel poids démographique et semblent particulièrement apprécier s’épandre sur les commentaires de blogue.

Ainsi, lorsque comme moi vous travaillez sur les questions énergétiques en Amérique du Nord, vous pouvez être certain.e.s d’en croiser quelques-uns sur votre chemin. Surtout si vous osez prétendre qu’il est souhaitable d’étudier des propositions de transition économique vers une sortie graduelle du pétrole ou de rechercher une voie d’avenir à l’économie. Vous devenez donc nécessairement un «  enverdeur ». C’est-à-dire un empêcheur de tourner en rond. Peu importe que ce soit des recherches de l’ONU, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ou des études commandées par la NASA qui mettent en garde les gouvernements, elles feraient toutes partie d’un vaste complot de scientifiques qui recherchent des subventions.

L’argument massue de ces négationnistes se base sur le la théorie de Cristopher Monckton d’où le prochain graphique est tiré.

1-BSV

L’on remarque sur ce graphique qu’en isolant une courte période de temps, l’auteur démontre que la température de l’air n’a pas connu de hausse sur 17 ans. Il y aurait donc une fin ou une pause au réchauffement climatique.

Cet argument est de mauvaise foi puisqu’il ne tient pas compte de deux variables. La première est que ces 17 dernières années sont les plus chaudes depuis 160 ans comme on peut le voir au graphique suivant. De plus, sur une période de 160 ans, 17 années sont un échantillon relativement court.

2-BSV

Notez que  ce graphique  provient d’une étude indépendante financée par divers bailleurs de fonds, dont des industriels pétrochimiques (Frères Koch). Il est donc faux de prétendre que la température de l’air ne se réchauffe pas en tenant uniquement compte des 17 dernières années.

Deuxièmement, la courbe de Monckton ne considère pas la température des océans qui eux représentent 70 % du globe. Or, depuis que l’on calcule la température des océans, on remarque que celle-ci augmente systématiquement. Cette conclusion est particulièrement apparente dans le texte de Stéphane Foucart, journaliste scientifique pour Le Monde.

3-BSV

L’on remarquera une hausse importante du stockage de chaleur dans les océans, ce qui contribue notamment à augmenter les risques de hausses du niveau de la mer et de catastrophes environnementales. Devant ce constat, il semble de plus en plus clair et accepté que la crise climatique soit un réel défi à relever dans les années à venir.

Bien que le  mythe de grand complot scientifique pour le réchauffement climatique se fasse tenace,  il est clair qu’il est de moins en moins plausible. Devant ce constat et en admettant même que les climato-sceptiques pourraient avoir raison, n’est-il pas plus sage d’envisager la crise climatique comme un réel danger et peut-être se tromper que de nier les conclusions scientifiques internationales et ne rien faire?  En ce sens, ne vaut-il pas mieux être un « enverdeur » et tenter de prévenir que d’être un partisan de la théorie du complot?

Pour plus d’information sur les conclusions sur le réchauffement climatique, je vous invite à lire cette allocution de monsieur Claude Villeneuve, professeur de l’Université du Québec à Chicoutimi, lors du congrès des biologistes du Québec de 2013.

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