En un graphique : le gaspillage alimentaire sur la planète

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Si le gaspillage alimentaire qui a cours dans les sociétés riches est un phénomène scandaleux, il l’est d’autant plus qu’on apprenait récemment que 1 Canadien·ne sur 7 considère vivre dans un ménage qui a connu de l’insécurité alimentaire depuis le début de la pandémie. Or, à ce chapitre, il faut dire que le Canada gaspille beaucoup. 

En mars dernier, l’ONU publiait un rapport présentant un index du gaspillage alimentaire où le Canada ne fait pas très bonne figure. On définit le « gaspillage alimentaire » comme toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée. Est exclu de cette définition le gaspillage d’aliments utilisés pour nourrir les animaux ainsi que les déchets alimentaires.

Le rapport de l’ONU estime qu’en 2019, la planète gaspillait autour de 930 millions de tonnes de nourriture par année. Ainsi, près de 17 % de l’ensemble de la production de nourriture sur la planète serait gaspillé. La part du lion de ce gaspillage provient des ménages (61 %) qui achètent des produits sans pour autant les consommer. La nourriture produite et non consommée occupe inutilement 1,4 milliard d’hectares de terre, soit l’équivalent de la superficie du Canada et de l’Inde réunis.

 

Source : UN environnement program, Food Waste index report 2021, mars 2021 (p.8)   


Et le Canada dans tout cela ? 

L’index établi par l’ONU pour les ménages, qui figure au graphique ci-bas, représente le nombre de kilos de nourriture gaspillés par une personne en une année. 

 

Le niveau de confiance en la fiabilité des données marqué d’un * est considéré comme modéré. 

Source: ONU, Food waste index report 2021, mars 2021

 

On remarque que le Canada fait partie des pays dont le degré de gaspillage alimentaire des ménages se situe dans la moyenne élevée, dépassant ainsi d’autres États similaires comme les États-Unis ou le Royaume-Uni. Il est à noter que le graphique présente des informations qui ont un degré de confiance élevé ou modéré. C’est ce qui explique l’absence des pays d’Amérique latine ou du continent africain, pour lesquels les données ne sont pas disponibles.

Des impacts importants 

La réduction du gaspillage alimentaire a des impacts économiques, sociaux et écologiques importants. Il a été estimé en 2017 qu’un ménage canadien gaspillait l’équivalent de 1 100 $ de nourriture par année.

Le gaspillage alimentaire représenterait en outre jusqu’à 10 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la planète. Ainsi, s’il était un pays, le gaspillage alimentaire serait le 3e plus gros émetteur de GES au monde après la Chine et les États-Unis. En clair, on peut dire que le gaspillage alimentaire nous coûte collectivement très cher.

 

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Commentaire sur l'article

Erika Salem

Bonjour! Je vous invite à lire cet article rédigé par Éric Ménard qui permet de comprendre plusieurs nuances cruciales par rapport aux statistiques évoquées dans votre billet :
https://tuvaspasjeterca.com/2021/04/06/nouvelle-etude-sur-le-gaspillage-alimentaire-nouvelles-confusions/?fbclid=IwAR3o1wJG68rCS3Q5tzFS8wR9HGCkaWkB7_TRqOT7ltWm1oaTjr81FEAiLC8

Yves Legault

Ce texte ne tient pas en compte le fait que certaints d'entre-nous mangeons trop.
C'est évident surtout Au Canada et aux États-Unis.
À quel point les chiffres cités changeraient?
Difficile à évaluer, mais je considère ce changement comme empirant la situation.

ROUGIER J-Pierre

Le gaspillage n'est pas qu'alimentaire... Nous, pays développés, devons réduire de 80% notre impact écologique, soit être encore plus pénalisant que le Covid pour l'économie... et que font les gouvernements pour les peuples ?
Ils laissent la pauvreté prospérer et les grosses fortunes aussi sans qu'elles servent...
https://lejustenecessaire.wordpress.com/2021/03/18/le-rmu-premier-pas-ecologique/
Il serait temps que les peuples secouent les gouvernements.