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Les suggestions de l’IRIS pour les Fêtes

20 décembre 2023

Lecture

5min


Pour plusieurs, la saison des fêtes offre l’occasion de cesser tout travail productif et de se détendre en se consacrant aux activités qui pâtissent du rythme effréné de leur emploi du temps régulier. C’est pourquoi l’IRIS vous propose comme chaque année des suggestions de lecture (et un documentaire) pour nourrir votre esprit!

Des livres pour comprendre les sociétés capitalistes…

Durant la grande fête consumériste qu’est Noël, qui dépend de manière croissante du travail des masses d’employé·e·s migrant·e·s à l’emploi des entrepôts d’Amazon et autres Dollarama, la lecture de Essential Work, Disposable Workers, est un incontournable. Dans cet essai important, le doctorant et militant Mostafa Henaway expose avec clarté de quelle manière le durcissement des frontières et la précarisation des statuts migratoires constituent paradoxalement un pivot essentiel de la mondialisation néolibérale et sont au coeur de « stratégies de développement » qui reposent sur l’exportation massive d’une main-d’oeuvre issue du Sud global vers les pays du Nord.

Bien des problèmes sociaux, économiques et environnementaux peuvent être imputés aux fortes inégalités qui marquent les sociétés capitalistes. Pourtant, les bien nantis – PDG de multinationales et autres puissants de ce monde – se gênent rarement pour faire la démonstration obscène de leur richesse. Dans l’essai La société de provocation, Dahlia Namian expose les contours de cette indécence qui n’a d’égal que le mépris qu’affiche par ailleurs cette élite envers les gens ordinaires et les plus démunis en mettant à mal, à travers des décisions tant politiques qu’économiques, leurs conditions mêmes d’existence.

Thomas Piketty est certainement un des économistes les plus connus sur la planète et ses travaux ont sans contredit influencé ceux de l’IRIS. Ses thèses sur la croissance des inégalités et sur le rôle du capital dans la consolidation des régimes économiques en Occident sont fort éclairantes, mais la lecture de ses ouvrages peut s’avérer ardue. Afin de vous initier à cette pensée, nous vous invitons donc à lire la bande dessinée « Capital et Idéologie » de Claire Alet et Benjamin Adam. La BD présente les thèses du best-seller du même nom à partir d’une saga familiale. On y apprend comment le capital s’est concentré de la Révolution française à nos jours à travers l’histoire d’une famille que l’on suit durant huit générations. Truffé de statistiques, le livre parvient en utilisant une bonne dose d’humour à critiquer la pensée économique dominante.

… et les transformer

À gauche, on ne croit plus au capitalisme à visage humain. Depuis la crise de 2008-2009, les critiques d’un système économique qui alimente sans cesse les inégalités et qui détruit toujours plus les écosystèmes ont poussé une nouvelle génération d’intellectuel·le·s à réfléchir à des modèles d’économie postcapitaliste. Auteurs de Construire l’économie postcapitaliste, Audrey Laurin-Lamothe, Simon Tremblay-Pepin et Frédéric Legault contribuent à cette réflexion en présentant les forces et les faiblesses d’une demi-douzaine de modèles alternatifs. Il s’agit d’un excellent point de départ pour tous ceux et celles qui veulent réfléchir avec sérieux et rigueur à ce que serait une transformation radicale du monde.

Le repos des Fêtes est un moment parfait pour prendre le temps de réfléchir à la (trop grande?) place qu’occupe le travail dans nos vies. Dans Travailler moins ne suffit pas, la chercheuse de l’IRIS Julia Posca nous invite à dépasser les lieux communs sur la réduction du temps de travail et propose une analyse pénétrante qui montre que pour changer notre rapport au travail, il sera nécessaire de transformer profondément l’organisation de la société et de l’économie dans lesquelles il s’enracine.

Pour réfléchir autrement à des réalités sociales et politiques d’ici et d’ailleurs

Il a beaucoup été question de violence armée dans les dernières années, particulièrement celle perpétrée par des jeunes appartenant à des groupes criminalisés. La couverture médiatique des événements parfois tragiques que ce phénomène entraîne a souvent été teintée par le point de vue policier. Dans le documentaire Ados et armés, Fabrice Vil donne la parole non seulement à des intervenant·e·s communautaires, à des criminologues et à des avocats de la défense, il tend le micro à des personnes qui ont eu recours à des armes pour tenter de comprendre ce qui les a poussés à le faire. On découvre des jeunes issus de milieux modestes pour qui la violence est malheureusement perçue comme le moyen de regagner du pouvoir sur leur vie marquée par les injustices et les inégalités. Et on comprend que la répression est la pire des solutions à cette réalité qui s’enracine dans une foule de problèmes socioéconomiques qui ne reçoivent pas l’attention qu’ils devraient.

Et pour prendre du recul sur un sujet tragiquement d’actualité, nous vous invitons à découvrir (ou à relire) la bande dessinée de reportage Palestine, de Joe Sacco, qui raconte le quotidien des Palestinien·ne·s dans les territoires occupés: une routine d’abus bureaucratiques, de points de contrôle et de gaz lacrymogènes. Ce récit illustré, basé sur les témoignages que l’auteur a lui-même récoltés dans la bande de Gaza et la Cisjordanie au début des années 1990, nous offre une perspective du conflit habituellement exclue de la couverture médiatique grand public.

En espérant que 2024 nous amènera paix et justice!

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1 comment

  1. Est-ce que quelqu’un à analysé les conséquences associées au pouvoir des banques privées de créer et d’utiliser l’argent-dette sans jamais créer l’argent des intérêts qu’elles exigent des emprunteurs?

    C’est la principale cause des iniquités sociales, mais par dessus tout, c’est la source même de l’inflation.

    Depuis le début de la déréglementation de la finance au début des années 1980, merci à Reagan et Tatcher, elle a graduellement pu s’approprier la planète entière… Et personne n’a rien vu!