Les réductions d’impôt consenties par Québec depuis 1998 coûtent 12G$ par année au Trésor public
12 mars 2026
Montréal, le 12 mars 2026 — Alors que le ministre des Finances du Québec prépare son plan de retour à l’équilibre budgétaire, une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’information socioéconomiques (IRIS) révèle que les réductions massives d’impôt consenties par les gouvernements depuis 1998 coûtent aujourd’hui 12 milliards de dollars par année au Trésor public.
« La diminution des recettes fiscales a fragilisé le financement des missions sociales de l’État, alors qu’il aurait fallu l’accroître pour répondre aux multiples défis de notre époque », déplore Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS et auteur de la note.
Des baisses d’impôt coûteuses
À partir de la fin des années 1990, le gouvernement québécois a réduit à plusieurs reprises les taux d’imposition des particuliers, si bien que les taux en vigueur aujourd’hui sont largement inférieurs à ceux d’antan.
Si la table d’impôt de 1998 était en vigueur en 2025, l’État québécois irait chercher 12 milliards de dollars de revenus supplémentaires.
« Alors que le gouvernement cherche à limiter la croissance des dépenses pour réduire le déficit, il oublie l’éléphant dans la pièce: l’addition des baisses d’impôt des dernières décennies coûte extrêmement cher à la population québécoise », ajoute Guillaume Hébert.
Les Québécois, trop imposés?
Rappelons que le taux marginal d’imposition maximal combiné (fédéral et provincial) a drastiquement diminué au fil des ans: alors qu’il atteignait 82,4% en 1972, il ne s’élève qu’à 53,31% aujourd’hui.
« On dit souvent que le Québec est comparable aux pays de l’OCDE ayant une charge fiscale plus élevée que la moyenne et où les inégalités de richesse sont moins grandes. Pour conserver cette position, le Québec doit impérativement freiner et inverser la tendance à la réduction de l’impôt des particuliers », explique Guillaume Hébert.
Pour une réforme de la table d’impôt
L’IRIS propose une réforme de la table d’impôt du Québec qui permettrait de renflouer les coffres du Trésor public de près de 3 milliards de dollars par an et ce, sans affecter le deux tiers des contribuables, dont le revenu est inférieur à 53 254$.
« Cette somme serait particulièrement utile à l’heure où le gouvernement du Québec impose des compressions aux différents ministères pour réduire son déficit, privant ainsi la population de services pourtant essentiels.»
La réforme proposée par l’IRIS doublerait le nombre de paliers d’imposition, qui passerait de quatre à huit, ce qui permettrait de cibler principalement les revenus plus élevés. La nouvelle table d’impôt proposée augmenterait de moins de 200$ l’impôt à payer pour les contribuables qui gagnent moins de 90 000 $.
« Pour la majorité de la population, les répercussions sur le taux d’imposition seraient minimes. En revanche, ces fonds supplémentaires permettraient d’aider les ménages, alors que le revenu disponible de la plupart d’entre eux a reculé en 2024 », conclut Guillaume Hébert.