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Le revenu viable 2022 en période de crises multiples

5 mai 2022


Dans une actualité changeante qui bouscule à plusieurs titres les modes de vie, quels repères faut-il se donner pour décrire un niveau de vie digne, exempt de pauvreté, et un revenu après impôts et transferts pouvant assurer ce niveau de vie au Québec? Le défi de déterminer un tel revenu viable en 2020 et en 2021, en pleine pandémie, s’amplifie en 2022, en raison de l’inflation et de l’incertitude économique causée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La présente édition sur le revenu viable fait état de ces changements tout en demeurant comparable aux éditions précédentes sur le plan de la méthode.

À propos de l’indice du revenu viable au Québec

Le revenu viable est une somme disponible (après impôt) qui permet de vivre dignement hors de la pauvreté. Le revenu viable est synonyme d’inclusion économique, culturelle et sociale. Cela signifie à la fois d’être en mesure de faire des choix et de pouvoir faire face à des imprévus. Le revenu viable est calculé pour 3 types de ménages et 7 municipalités québécoises afin de refléter différentes réalités. Depuis 2015, l’équipe de recherche de l’IRIS travaille sur cet indicateur qui se distingue des différents seuils de faible revenu en usage au Canada, en calculant un panier de biens et services donnant accès à une vie digne, exempte de pauvreté.

Faits saillants

  • Le revenu viable permet d’évaluer le revenu nécessaire à trois types de ménage, dans sept localités québécoises, pour atteindre un niveau de vie digne et sans pauvreté, au-delà de la seule couverture des besoins de base telle qu’établie par la Mesure du panier de consommation (MPC).
  • En 2022, le revenu viable calculé pour une personne seule varie entre 25128 $ (Saguenay) et 34814 $ (Sept-Îles).
  • L’inflation qui caractérise l’année 2022 et la volatilité du coût de l’essence et des voitures d’occasion augmentent les dépenses des ménages dépendants de l’automobile.
  • Leur revenu viable augmente plus que celui des ménages utilisant uniquement le transport en commun, dont les coûts sont relativement stables.
  • Deux verrous réglementaires empêchent d’avancer vers un Québec sans pauvreté. Premièrement, le plafonnement du revenu assuré aux prestataires de l’aide sociale de base empêche une pleine couverture de ces besoins pour les personnes devant se contenter de cette garantie minimale. Deuxièmement, la méthode actuelle de fixation du salaire minimum bloque l’accès à une vie digne et exempte de pauvreté pour un grand nombre de travailleurs et de travailleuses.
  • Le crédit remboursable ponctuel et uniforme de 500 $ annoncé dans le budget du Québec 2022-2023 à l’intention des adultes gagnant 100 000 $ et moins ne règle pas les obstacles structurels à l’amélioration des conditions de vie au bas de l’échelle des revenus. De plus, il a pour effet de les masquer.


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