Effets de la crise sanitaire sur le milieu communautaire – Portrait de la situation pour les organismes du Québec

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Voilà déjà plus d’un an que le Québec est confronté, comme le reste du monde, à une crise sanitaire sans précédent, que le gouvernement québécois est en mode gestion de crise et que la population doit adapter son quotidien pour se conformer à un confinement plus ou moins strict, au gré des mesures sanitaires. Si tous sont perturbés par la même crise, elle n’affecte toutefois pas tout le monde de la même manière. La tempête est la même, mais alors que certains essaient de garder la tête hors de l’eau sur leur radeau de fortune, d’autres naviguent ces eaux dangereuses à bord d’un paquebot. Dans cette étude, nous nous penchons sur la situation des groupes communautaires au Québec, et en particulier ceux qui font partie de l’action communautaire autonome.

Pour ce faire, il faut d’abord revenir sur l’histoire de ce mouvement afin de comprendre son origine, mais surtout son importance dans le tissu social du Québec. En effet, le mouvement communautaire autonome est bien plus qu’un ensemble d’organismes à but non lucratif. Il s’agit de groupes dont les objectifs comprennent la mobilisation et la transformation sociale. Le modèle spécifique au Québec est particulier, ce qui explique, en partie, sa résilience.

Afin de tracer le portrait des changements vécus par ces groupes en raison de la pandémie, nous avons également effectué un sondage qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche plus large de l’Observatoire de l’Action communautaire autonome. Les résultats de notre enquête se trouvent dans les chapitres 3 à 5. Ils permettent de mieux comprendre à la fois la réalité de ces organismes avant la pandémie (chapitre 4), mais également la manière dont ils ont été touchés, dont ils se sont adaptés et ce à quoi ils aspirent pour les prochains mois (chapitre 5).

Sommaire

  • L'IRIS a effectué un sondage auprès de plus de 700 groupes du mouvement communautaire autonomes cet automne pour en savoir plus sur leur situation pendant la première vague de COVID-19.
  • Pendant la première vague, les groupes ont surtout augmenté le travail d’accueil et de référence et de dépannage alimentaire, donc la réponse aux besoins de base pressant, alors que les activités fortement ralentis ou arrêtés, ont été la mobilisation, l’action collective et la représentation politique.
  • Un peu plus de la moitié des activités ont été faites à distance en moyenne. Cela a posé des enjeux pour plusieurs en raison du manque d’espace physique ou mental, mais aussi d’accès à la technologie et à des connexions internets rapides et stables.
  • Bien que 20% des groupes sont encore dans une situation précaire en raison du sous-financement chronique, les groupes communautaires du Québec s’en sortent généralement mieux qu’ailleurs au Canada grâce à leur modèle de financement basé sur le financement à la mission.
  • Cette résilience a toutefois un coût humain : pour les deux tiers des groupes interrogés, la charge de travail était immense et difficile à prévoir ce qui a eu des conséquences sur l’équilibre vie personnelle-travail et sur le sentiment d’accomplissement des travailleuses.
  • Près d’un groupe sur cinq est dans une situation précaire en raison du sous-financement et de la pandémie, et le quart de ceux-ci sont dans une situation qui met en danger leur existence.

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