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COMMUNIQUÉ | 388 M $ pour rémunérer tous les stages dans le secteur public au Québec

19 octobre 2023


19 octobre 2023, Montréal – L’IRIS publie aujourd’hui une étude qui calcule les coûts d’une rémunération de tous les stages dans le secteur public au Québec. Selon Milène Lokrou, chercheuse et co-autrice de l’étude, « la non-rémunération des stages soulève la question de la reconnaissance du travail étudiant. Puisque l’ensemble de la société québécoise bénéficie de ce travail, il est justifié de rémunérer systématiquement les stages et de ne pas considérer les stagiaires comme une main-d’œuvre bon marché ».

Stagiaires peu ou pas rémunéré·e·s largement majoritaires

La plus récente estimation indique que 84 % des étudiant·e·s n’ont pas reçu une pleine rémunération pour le travail réalisé dans le cadre de leurs stages. Les rares étudiant·e·s qui ont été rémunéré·e·s sous la forme d’une bourse pour un stage de 28 heures par semaine n’ont pour leur part pas obtenu l’équivalent du salaire minimum en vigueur au Québec.

« Les avancées des dernières années n’ont pas permis d’assurer aux étudiant·e·s qui reçoivent une rémunération pour leurs stages l’équivalent de 15,25 $ de l’heure. La loi 2 entrée en vigueur récemment ne remédiera pas à la sous-rémunération des stagiaires puisqu’elle ne soumet pas le stage étudiant à l’ensemble des dispositions de la LNT, comme le salaire minimum », explique Julia Posca, chercheuse à l’IRIS et co-autrice de l’étude.

Un travail qui bénéficie à l’ensemble de la population québécoise

« On entend souvent dire qu’il est normal de ne pas rémunérer les stages puisque ceux-ci feraient partie de ‘’la formation des étudiant·e·s’’ et que les stagiaires seraient ainsi les seules personnes à en  bénéficier. Cette conception est cependant infondée », précise Julia Posca, chercheuse à l’IRIS et co-autrice de l’étude.

Rappelons qu’un nombre grandissant d’entreprises privées reçoivent chaque année un crédit d’impôt remboursable pour les stages en milieu de travail, allègement fiscal qui coûtera près de 69,6 M$ en 2023 à l’État québécois. La littérature scientifique montre également que la non-rémunération des stages incite les entreprises à remplacer une partie de leurs salarié·e·s par des stagiaires afin de réduire leurs coûts salariaux.

388 M$ pour rémunérer tous les stages dans le secteur public au Québec

Les études montrent que la non-rémunération pleine des stages est un facteur de précarité, de vulnérabilité et d’endettement des étudiant·e·s, en plus de renforcer les inégalités entre les stagiaires et d’invisibiliser le travail des femmes. En effet, en 2017-2018, 74 % des stagiaires au collégial étaient des femmes et 64 % l’étaient au niveau universitaire.

« Cela coûterait 388 M$ au gouvernement du Québec pour limiter la précarité et l’endettement des étudiant·e·s, pour contrer les iniquités entre stagiaires et revaloriser les professions exercées en majorité par des femmes »,  conclut Milène Lokrou.

Pour lire l’étude : https://bit.ly/remuneration-stages