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L’endettement des ménages: un pari risqué pour l’économie québécoise

26 février 2026


Montréal, le 26 février 2026 – Alors que les ménages ont de plus en plus recours au crédit pour pallier leur manque de revenus dans un contexte de hausse du coût de la vie, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publie aujourd’hui une étude qui montre que l’endettement des ménages a des répercussions négatives sur l’économie québécoise.

Rappelons que le nombre de ménages au pays qui se trouve dans une situation financière difficile n’a cessé d’augmenter lors des dernières années. Selon la Banque du Canada, le pourcentage de prêts en souffrance depuis plus de 90 jours a dépassé le niveau prépandémique, passant de 1,27% à 2,33% entre janvier 2021 et janvier 2025.

« Notre étude est la première à s’intéresser aux conséquences de l’endettement et du surendettement des ménages sur la consommation et la croissance de l’économie québécoise », explique Raphaël Langevin, chercheur à l’IRIS et auteur de l’étude.

Les dettes des ménages affectent le PIB

Les estimations de l’IRIS montrent que la hausse de l’endettement des ménages diminue de manière significative la croissance économique au Québec. Augmenter de 10 % l’endettement des ménages au Québec entraîne une diminution du produit intérieur brut (PIB) québécois de 448 millions de dollars au bout de 4 ans.

Alors que la dette publique fait souvent l’objet de manchettes et d’analyses d’économistes, ces chiffres révèlent qu’il ne faut pas négliger les effets de l’endettement privé. 

« Dans les périodes troubles où la croissance économique projetée est proche de zéro, diminuer l’endettement des ménages pourrait se révéler une stratégie efficace pour éviter une récession imminente », explique Raphaël Langevin.

Une meilleure redistribution des revenus serait bénéfique pour l’économie

L’analyse détaillée des chiffres montre que les ménages les moins fortunés tendent à réduire leur endettement suite à une hausse de leur revenu disponible. Dans ce contexte,une politique de redistribution du revenu pourrait être efficace pour réduire l’endettement des ménages.

En effet, augmenter de 10 % le revenu disponible des ménages les moins aisés entraînerait une diminution de leur endettement total d’environ 673 M$ après quatre ans en dollars constants de 2025, soit près de 372 $ par personne.

« L’ensemble de nos résultats donne à penser que d’augmenter le revenu disponible des ménages les plus pauvres grâce à une hausse de l’impôt sur le revenu des ménages les plus aisés est une stratégie efficace pour réduire l’endettement global ainsi que les risques que fait peser cet endettement sur l’économie québécoise » , conclut Raphaël Langevin.