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Doit-on être inquiet de l’endettement des Canadien·ne·s?

23 janvier 2012


Voilà quelques temps qu’on parle de l’endettement des ménages au Canada, l’IRIS vous propose donc pour les prochaines semaines quelques billets d’analyse de l’état actuel de l’endettement des ménages, au Canada, au Québec et à l’étranger.

En mars derniers ma collègue Julia Posca et moi publions une note socio-économique sur la question. Depuis ce temps, le ratio d’endettement des canadien-nes n’a cessé d’augmenter. Qu’est-ce que le taux d’endettement et doit-on s’en inquiéter?

Le ratio d’endettement

Le ratio d’endettement est une mesure assez simple. Elle permet de situer la taille de la dette d’une personne, d’une entreprise ou d’un groupe par rapport à son revenu. Cette mesure est donc généralement présentée en part du revenu que représente la dette. Ainsi, une personne dont le revenu est de 100 000$ et dont les dettes totales s’élèvent à 30 000$ a un taux ou ratio d’endettement de 30%.

Qu’en est-il du ratio d’endettement des Canadien-nes ? Il a atteint, au troisième trimestre de 2011, 153%. C’est donc à dire que pour chaque dollar de revenu, chaque ménage a 1,53$ de dettes.

Comment cela se compare-t-il aux années précédentes? Assez mal en fait. Non seulement atteint-on un nouveau sommet dans l’endettement, mais la croissance de celui-ci ne semble pas vouloir ralentir. En 2009, il était à 147%. À peine 3 ans plus tard, il a augmenté de 6 points de pourcentage.

Pourquoi l’endettement augmente-t-il?

Il est intéressant de noter (comme le montre le graphique ci-dessous, que lors des derniers ralentissements économiques (ex : au début des années 1980), l’endettement des ménages se stabilisait ou même décroissait avant de reprendre ensuite sa croissance avec la relance. Durant ces périodes, ce sont plutôt les entreprises qui s’endettaient (souvent à des taux d’intérêt bas ou par des stratégies de financement étatique) ce qui leur permettaient de se maintenir à flot ou même de se développer et de favoriser le redémarrage de l’économie en offrant des emplois permettant à leur tour la consommation.

Endettement total des ménages et des entreprises canadiennes (1980-2010)

 

La crise de 2008 a été différente. Les taux d’intérêt sont maintenus bas mais on ne note pas cette fois-ci d’augmentation du taux d’endettement des entreprises, bien au contraire. Depuis 2000, celles-ci on largement diminué leur endettement et se consacrent plutôt à accumuler des liquidités, une tendance qui se poursuit malgré la crise et qu’on nomme également la « thésaurisation ».

Pour qu’une relance, aussi timide soit-elle, ait lieu, il faut donc que soit le gouvernement, soit les ménages s’endettent. Au Canada les différents paliers de gouvernement ont mis en place des programmes d’infrastructures pour permettre la relance, ceux-ci étaient loin d’être d’une ampleur exceptionnelle et prendront fin sous peu. Reste donc les ménages, qui continuent de consommer malgré une période économique difficile et une stagnation de leurs revenus, voilà que leur endettement est la locomotive de l’économie.

Doit-on s’inquiéter?

Difficile de ne pas voir une source d’inquiétude dans l’endettement actuel des Canadien-nes. En effet, les taux d’intérêts actuels sont particulièrement bas et ont peu de chance de diminuer. Si une reprise économique plus vigoureuse survenait, il y a fort a parier qu’on les verrait augmenter. Or, un rapport des comptables généraux accrédités (CGA), nous dévoilait que 20% des canadiens ne pourraient encourir une dépense imprévue de 5000$ et qu’un dixième des canadiens ne pourraient encourir une dépense imprévue de 500$. Cela laisse supposer que si leur paiement d’hypothèque ou de prêt venait à croître de quelques points de pourcentage, plusieurs d’entre eux pourraient déclarer faillite.

Or, un autre nuage sombre se profile à l’horizon. Il se pourrait bien qu’on assiste sous peu à l’éclatement d’une bulle immobilière au Canada. Si tel était le cas, nombre de ménage pourrait voir la valeur de leur maison chuter de façon importante. Certains ménage pourraient même se retrouver avec des hypothèques valant plus que la maison qu’ils possèdent. Ce phénomène n’est pas rare aux États-Unis où l’éclatement d’une telle bulle avait été un élément central de la dernière crise. Les Étasunien-nes avait alors un ratio d’endettement moyen de 169%.

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