Le 1% s’enrichit et paie de moins en moins d’impôt

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Contrairement à la légende, le Québec est bien loin de maltraiter ses riches. Dans une note publiée hier, nous montrons que le 1% de la population faisant les plus hauts revenus voit ses revenus croître de façon très importante et son taux d’imposition diminuer. Les données révèlent aussi que n’est pas riche qui veut, les hommes de plus de 40 ans habitant Montréal et travaillant dans le milieu des affaires ont plus de chances que les autres de faire partie de ce club sélect.

En effet, de 1982 à 2010, les revenus après impôt du 1% ont augmenté de 86%, tandis que les revenus du 99% restant de la population sont demeurés relativement stagnants. Si les inégalités ne sont pas encore plus fortes, c’est le fait de l’impôt, car sans l’action du gouvernement, le 1% concentrerait plus de richesses que 50% de la population. Or, on impose de moins en moins ces fortunés. De 1998 à 2010, leur taux d’imposition effectif incluant le provincial et le fédéral, est passé de 37% à 30,5%, une diminution de près du quart. Une très mauvaise décision du point de vue des inégalités.

Par ailleurs, on entend souvent dire que ceux qui réussissent dans la vie le font grâce à leurs efforts et à leurs talents. Quand on observe les faits, on se rend compte que d’autres aspects entrent en jeu. Les femmes sont à peu près absentes du 1% et quand elles y sont, elles sont moins riches que les hommes. Même chose pour les gens venant de l’extérieur de Montréal, ils y sont en moins grand nombre et avec un revenu moyen plus bas. Enfin, les gens qui n’ont pas eu la capacité d’étudier à l’université ou qui ne travaillent pas dans les milieux des affaires ou de la santé auront moins accès à ce club sélect. On le voit bien, il n’est pas tant question d’efforts et de talents que de privilèges et de provenance.

La note socio-économique se penche également sur la mobilité sociale entourant le 1%. Nous tentons de répondre à la question, y a-t-il beaucoup de mouvements au sein du 1%? Y accède-t-on facilement? Les indices de permanence rendus disponibles par Statistique Canada nous montrent que d’année en année on y retrouve surtout les même gens et que cette tendance va en se renforçant. Les cas de « self-made-men » sont plus rares dans la réalité qu’on ne le dit en général.

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