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Quelques idées sur le « Fiscal Cliff »

22 novembre 2012


Dans un billet publié sur le blogue du Progressive Economics Forum, l’économiste Marc Lee formule quelques idées à propos de l’hystérie entourant le « Fiscal Cliff » aux États-Unis, ce qui a été traduit en français en faisant tantôt référence à une « falaise », tantôt à un « mur fiscal » (côté métaphore comptable, les États-Unis sont à la traîne du Québec qui lui, révélait le chef du Parti libéral Jean-Marc Fournier, souffre « d’angoisse fiscale »).

Faire passer un budget aux États-Unis, écrit Lee, ça ressemble à une course à obstacles qui débouche sur un ensemble hétéroclite de taxes et de dépenses. Oubliez les budgets qui se prétendent visionnaires et autres « révolution culturelle » (dixit Raymond Bachand – décidément, on pense avoir affaire à des goons, mais ces Libéraux ont le verbe aussi léger qu’une libellule), aux États-Unis, en contexte de budget bipartisan (majorité démocrate au Sénat, majorité républicaine à la Chambre des représentants) l’obstruction est la règle et le résultat ne peut être qu’une addition de compromis.

Si les fonctionnalités automatiques devaient s’enclencher suite à un échec des pourparlers entre les élus, 500G$ de dollars de coupures et de hausses de taxes seraient générés à l’aveuglette, ce qui pourrait se traduire par le recul de 4% du PIB étasunien. Décroissance oui, mais sûrement pas conviviale.

Selon Marc Lee, les deux camps s’entendent sur le fait que cela n’est pas une chose souhaitable et que la demande doit rester forte. Implicitement, un consensus anti-austérité semble donc s’être formé et il s’agirait là d’un apprentissage vis-à-vis l’expérience européenne, bien illustrée par le graphique suivant :

Source : Alternatives économiques

 

Côté revenus, les Républicains vont tenter d’éviter l’expiration des congés fiscaux accordés aux plus riches par George W. Bush. Face à une Chambre démocrate, ce dernier avait consenti à ce que cette initiative soit temporaire. L’administration Obama l’avait maintenue en 2010 dans le contexte de stimuli économique. Il semble que cette fois, il soit déterminé à ne pas céder à cette demande pour les 2% de la population les plus riches.

Tout porte à croire effectivement que l’heure est venue de mettre fin à cette mesure, ne serait-ce que parce que le 1% des Étasuniens les plus riches ont empoché 93% des gains (de revenu) depuis le début de la lente reprise. Suite à l’expiration de la mesure de Bush, le taux marginal passerait de 35% à 39,6% pour la première fois depuis l’administration Clinton, mais elle n’affecterait que les revenus de plus de 388 000$.

Côté dépenses, les Républicains tenteront de faire adopter des compressions du côté du régime d’assurance-maladie ainsi que de la sécurité sociale, ce qui pourrait signifier hausser l’âge de la retraite. Lee se demande à ce sujet qu’est-ce qui prendra le dessus au sein de ce parti entre la volonté de ne pas décevoir le vaste nombre d’électeurs républicains qui bénéficient de ces services sociaux ou la charge idéologique du Tea Party qui elle, ne fléchira sans doute pas.

Un sondage laisse entendre qu’advenant une chute au bas de la falaise fiscale, les Républicains se verraient blâmés par cet échec. Voilà qui pourrait motiver les Démocrates et leur président à forcer la main de leurs adversaires.

Enfin, notons que, comme au Québec et au Canada, la majeure partie du déficit aux États-Unis est conjoncturel et non structurel. Risquer de nuire à la reprise dans ce contexte n’est pas judicieux. En outre, les problèmes de dépenses sont d’abord un problème dans la mesure où nos voisins du Sud ne peuvent s’entendre sur les revenus. Ultimement, écrit Marc Lee, « les États-Unis auront besoin d’une discussion entre adultes sur les impôts à payer pour maintenir les services publics et les infrastructures (sur lesquelles la pression sera plus forte encore suite au passage de l’ouragan Sandy) ».

Texte complet (en anglais).

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