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Europe : les pays dans l’eau chaude

2 avril 2012


L’année qui vient nous laisse l’impression de sortir d’un long tour de montagne russe. Le niveau d’endettement de certains pays européens et les risques de défauts de paiement ont régulièrement défrayé la manchette. Comme nous en traitions sur ce blogue il y a quelques semaines, le Grèce a été l’un des pays les plus durement touché par ce que l’on nomme désormais la crise des dettes souveraines.

Pourtant, d’autres pays sont également systématiquement cités et identifiés comme les maillons faibles de l’Union européenne en matière de contrôle de l’endettement public : l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Si ces trois pays ont pu bénéficier, en raison de leur entrée dans la zone Euro, de taux d’intérêt sur leurs emprunts publics forts avantageux au début de la décennie 2000, la situation actuelle s’est radicalement retournée.

Pourtant, lorsque l’on compare, comme le font les prophètes de malheur, la dette grecque par rapport aux dettes des autres pays jugés instables, on constate à quel point le cas hellène demeure extrême et unique.

Dette publique en % du PIB

Source : http://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=GOV_DEBT

L’Italie vient de se faire imposer un gouvernement de technocrates provenant du secteur financier à cause de sa situation financière catastrophique. Pourtant, depuis les 20 dernières années, la dette italienne est relativement stable par rapport au PIB. En fait, son niveau actuel est semblable au niveau de la fin des années 1990. Les cas du Portugal et de l’Espagne sont également intéressants. Ces pays connaissent effectivement une hausse de leur endettement, mais sont encore très loin du niveau grec.

Bien entendu, les problèmes de ces pays ne sont pas simples pour autant. L’Espagne, par exemple, avec un taux de chômage à plus de 20 % en 2011, est dans une situation économique et sociale très instable.

Le résultat actuel de la crise de la dette est évidemment l’implantation de plans d’austérité. En Espagne, le nouveau gouvernement de droite a voté pour un plan d’austérité de 9 milliards d’euros tandis que l’Italie a mis de l’avant trois plans de compressions devant totaliser 84 milliards d’euros.

Il semble pourtant que ces plans ne soient toujours pas suffisants aux yeux du plus riche pays de la zone euro, l’Allemagne. À Berlin, le principe de solidarité fiscale entre les pays membres de l’union n’est pas très bien reçu. Comptant pour 27 % du PIB européen, l’Allemagne est de plus en plus réticente à soutenir les pays du vieux continent en proie à des difficultés financières.

Face aux réticences allemandes et à la contagion de la crise, la question se pose : quel est le prochain pays qui devra subir la médecine de cheval de la « rigueur »? La France, ce géant de l’Europe (21 % du PIB) est, de plus en plus, l’objet d’inquiétudes.

Cette instabilité quasi-généralisée est certes inquiétante pour l’avenir de l’Union européenne, mais elle l’est d’autant plus pour l’avenir de la qualité de vie des peuples d’Europe. La prise de contrôle du pouvoir politique par les technocrates de la finance, déjà accomplit en Grèce et en Italie, sera-t-elle le lot du reste des pays européens?

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