Graphique du mois: les surplus de production de cannabis

Par

 

Le mois d’octobre dernier marquait le premier anniversaire de la légalisation du cannabis au Canada. Cet anniversaire a aussi permis de voir les bilans financiers annuels des plus importants producteurs de cannabis du Canada. Les résultats, bien inférieurs aux prévisions, ont entraîné d’importantes baisses de la valeur des actions boursières. Comment expliquer ces résultats?

 

Au Québec, le principal perdant est sans contredit l’entreprise Hexo, qui a dû éliminer 200 postes à la fin du mois d’octobre puisque ses recettes étaient d’environ 40 % moins élevées que prévu. Cette situation n’est pas exclusive au Québec, alors que la valeur boursière du géant canadien Canopy Growth est passée de près de 70 $ en mai 2019 à près de 27 $ aujourd’hui. 

Il est évident que plusieurs entreprises ont su aller chercher du financement en faisant miroiter des ventes imposantes sur le marché canadien, et ce avant de bien connaître les règles entourant la légalisation. Ainsi, les producteurs de cannabis semblent avoir surévalué l’importance du marché légal comme le montre le graphique suivant. 

 

Inventaire final et ventes - cannabis séchés (kilogrammes)

 

Source : Gouvernement du Canada

 

On constate que les stocks des producteurs de cannabis et des distributeurs dépassent de beaucoup les ventes de cannabis récréatif et médical légal au Canada. À titre indicatif, la totalité des ventes de cannabis légal au Canada représentait environ 21 % des stocks accumulés. 

Ces résultats nous portent à conclure que les producteurs de cannabis ont cru que le cannabis légalisé prendrait la place du marché noir un an seulement après sa légalisation, un pari qui semble fort risqué. Bien qu’il soit probable que le marché légalisé gagnera en popularité, il faut également rester méfiant quant aux prévisions des ventes de ce produit au moment où l’industrie tente de diversifier son offre de produits. 

Sujets : cannabis

Commentaire sur l'article

Bruno Gagnon

Tant que les prix ne serons pas compétitif avec le marché noir , tant que les poids ne seront pas exacte , vérifiable sur place , et sa teneur en substance active aussi bas il n'arrivons pas a retirer le marché au marché noir . La sur-réglementations au Québec n'aide en rien ,la vente est légale mais il ni a aucun endroit pour fumer , une trop grande parti des fumeur n'ont pas le droit d'acheter a cause de leurs ages voir les 18 a 21 ans , faudrait savoir c'est pour se remplir les poches que le gvt a légaliser ou pour retirer ce marché au marché noir . Quand tu légalise cela veux dire que tu permet a un marché de prospérer mais ici le gvt légalise mais outre les entrave légale compréhensible et normal ils sur-réglemente . Ils veulent faire des profits alors offrez un bon prix et un bon niveaux de T.H.C , et arrêter la sur-réglementation . la recette est la .

xavier

Bonjour,

"Ces résultats nous portent à conclure que les producteurs de cannabis ont cru que le cannabis légalisé prendrait la place du marché noir(...)" , Est-ce la seule et unique conclusion que l'on puisse tirer? Vous m'avez habitué à être bien plus critique par tous vos précédents posts (et merci encore pour vos travaux!!); Pourquoi ne pas parler du déroulement de la législation (ultimement hors de contrôle des producteurs, sur qui vous semblez porter le blame), ou, de l'ingérence des provinces, particulièrement le Québec !?
Si vous êtes intéressés à en découvrir plus, répondez à ce commentaire, je fournirai deux ressources audios pour les curieux, en anglais par contre.