En un graphique : Comment se portent les finances des ménages canadiens?

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Face à la croissance soutenue de l’endettement des ménages canadiens que l’on observe depuis maintenant une vingtaine d’années au Canada, certains analystes soulignent parfois que le fameux ratio de la dette sur le revenu disponible, qui atteignait 176,23% au 3e trimestre de 2019, n’est pas un fidèle indicateur de la situation des ménages. En effet, ce ratio ne nous permettrait pas d’apprécier la pression qu’exercent les dettes d’un ménage sur ses finances personnelles. 

Pour cette raison, il serait plus pertinent de se tourner vers le ratio du service de la dette (RSD), qui selon la définition qu’en donne Statistique Canada, « mesure la proportion du revenu disponible des ménages qui est consacrée aux paiements d’intérêts et de principal devant être effectués relativement au total des passifs de ce secteur. » Pour le dire plus simplement, le RSD « mesure la proportion du revenu disponible dont le ménage a besoin pour régler ses dettes. ». Le graphique présenté dans ce billet nous permet d’examiner l’évolution récente de ce ratio. 

La ligne du haut représente le service de la dette total (intérêt plus principal), tandis que la ligne du bas représente le service de la dette composé seulement des paiements d’intérêt. Entre le début (1er trimestre de 1990) et la fin (3e trimestre de 2019) de la période observée, ce dernier a connu une baisse de 29,6%. À l’inverse, le RSD total a connu une hausse de 23,2% durant cette même période.

La baisse du poids des intérêts reflète celle du taux directeur. Fixé par la Banque du Canada, celui-ci influence notamment le taux des prêts à la consommation et les prêts hypothécaires. Il était d’environ 12% au début de l’année 1990, mais de seulement 1,75% à la fin de 2019.

La faiblesse des taux d’intérêt est toutefois un des facteurs qui a contribué à la croissance de la demande immobilière et à la hausse des prix de l’immobilier, avec pour résultat la hausse de l’endettement global des ménages, qui contractent des hypothèques toujours plus importantes. C’est ce contexte qui explique une bonne partie de la hausse du RSD total observée depuis les années 1990, les hypothèques formant la majeure partie du passif des ménages.

Le fait que les deux ratios soient à la hausse depuis 2015 indique que les obligations financières des ménages augmentent – du moins lorsque l’on considère la question d’un point de vue global. En effet, la situation financière varie grandement d’un ménage à l’autre en fonction de leur niveau de revenus, de leur situation familiale et de leur mode d’habitation, entre autres. Or, tout indique que l’endettement personnel continuera d’être une préoccupation dans les mois et années à venir.

Source: Statistique Canada, Tableau 11-10-0065-01, Indicateurs du service de la dette des ménages, comptes du bilan national

Commentaire sur l'article

Luc Belzile

Intéressant ! Je présume qu'il doit être assez rare que l'IRIS et l'Institut C.D. Howe passe le même message, au même moment (https://www.cdhowe.org/public-policy-research/predicting-financial-crises-search-most-telling-red-flag-economy).

:-)

Continuez votre bon travail.

Luc

Yves Legault

Effectivement, "le fameux ratio de la dette sur le revenu disponible... ne nous permettrait pas d’apprécier la pression qu’exercent les dettes d’un ménage sur ses finances personnelles"

On a oublié d'y rajouter la pression des dettes publiques en croissance constante!

Chaque ménage, paye aussi une partie de la dette publique à travers des retenues d'impôts.

En juin 2018, la dette "totale" de tout le Canada a dépassé les 4,000,000,000,000$CA.
Comment on fait pour payer ça?
C'est plus de 100,000,000,000$CA d'intérêts par année!
C'est le tiers du budget du fédéral!
Et si on ose y inclure la part qui paye le capitale on arrive quoi? 400,000,000,000$CA, peut-être?
En tout cas, c'est toute une ponction sur le PIB annuel qui tourne autour de 1,600,000,000,000$CA par année.

Si on avait une loi qui interdisait la fabrication et l'usage de l'argent-dette, ça réglerait bien des problèmes en remettant les banques à leur place.

Si on taxais le profit en lieu et place de la sueur, ça contribuerait aussi à régler bien des problèmes en muselant la spéculation.

Si on avait une loi qui interdirait le prèt