Les inégalités : le 1 % au Québec

Par Simon Tremblay-Pepin

Partout en Occident, mais plus particulièrement dans les pays anglo-saxons, les inégalités de revenus ont connu une croissance soutenue au cours des dernières années. L’ampleur de ce phénomène, ainsi que le choix des moyens pour y remédier, donne cependant lieu à des prises de position opposées. Au cours des années 1990, c’était plutôt la question de la pauvreté qui était au centre des préoccupations. Au Québec, la pression exercée par différents groupes de la société civile a d’ailleurs amené le gouvernement à adopter en 2002 la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Le taux de personnes ayant un faible revenu après impôt était passé de 14,9 % en 1990 à un sommet de 18,5 % en 1997. En 2011, il était retombé à 9,5 %. Ces succès relatifs ont pu faire croire que l’on avait atteint un niveau « satisfaisant » d’inégalité.

La stagnation des revenus moyens et l’explosion des reve- nus des individus et des ménages les plus fortunés que l’on observe depuis quelques années indiquent toutefois que l’inégalité demeure d’actualité. L’immense disparité entre le salaire moyen des travailleuses et travailleurs et la rému- nération des hauts dirigeants des entreprises cotées en Bourse continuent à faire les manchettes dans la foulée de la crise de 2008, suscitant de vives réactions dans l’opinion publique. Si les pays occidentaux sont considérés comme des pays « riches », ces disparités économiques croissantes indiquent que la richesse y est répartie de manière de moins en moins équitable. Cette tendance se confirme aussi dans le cas du Québec – faisant mentir le cliché selon lequel il manquerait de riches dans la Belle Province. Cette note dresse le portrait de l’évolution de ces inégalités depuis 1982 en s’attardant à l’évolution des revenus du 1 % le plus fortuné au Québec.